L'Algérie qui négocie actuellement l'acquisition de l'opérateur mobile Djezzy devra dévoiler le prix de cession, même en cas d'accord avec le propriétaire russe Vimpelcom.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - C'est ce que le ministre des Finances a indiqué jeudi dernier, au siège du Conseil de la nation, en marge d'une séance de questions orales. Certes, les deux parties, le propriétaire russe d'Orascom Télécom Algérie (OTA) et le ministère algérien des Finances, mandaté, poursuivent encore leurs discussions sur le prix de cession, affirme Karim Djoudi, rappelant que chacune des deux parties a déjà finalisé l'évaluation de la société. Néanmoins, il a clairement démenti le fait que les deux parties se soient déjà entendues sur un prix précis, récusant les montants avancés ici et là. Et d'autant que, rappelle-t-il, la divulgation du prix de cession relève d'un accord commun et même si Vimpelcom a toute latitude de divulguer ce prix. Toutefois, le ministre des Finances a précisé que l'Algérie devra dévoiler ce prix puisqu'il faudra l'«inscrire » dans le budget. Or, les redressements fiscaux successifs, voire l'amende judiciaire pour infraction à la réglementation des changes et fixée à 1,3 milliard de dollars, imposés à OTA, devraient impacter sur les discussions et sur le coût de cession.
L'inflation serait plus importante si…
Par ailleurs, Karim Djoudi a lié la problématique de la hausse des prix, notamment des produits alimentaires, tant à un problème d'organisation des marchés qu'au déséquilibre entre l'offre encore insuffisante et la demande boostée par l'amélioration des revenus, outre la hausse des cours mondiaux. Pourtant, les pouvoirs publics entendent ramener l'inflation à 4% à la fin de l'exercice, affirme le ministre des Finances, tant par le biais de la politique monétaire de la Banque d'Algérie, la stérilisation de l'importante épargne que par l'action budgétaire de l'Etat. Et notamment à travers la subvention des produits de première nécessité, dans le but de stabiliser les prix, relève le ministre. A ce propos, Karim Djoudi a indiqué que la politique de subvention se poursuivra, la facture pour l'exercice en cours étant chiffrée à 150 milliards de dinars. Or, cette facture pourrait augmenter, si les facteurs à l'origine de l'inflation perdurent, relève le premier argentier. Comme l'inflation serait plus importante s'il n'y avait pas les subventions, dira-t-il. D'autre part, le ministre des Finances a estimé que la sécurité financière du pays est garantie à terme, grâce aux importantes réserves financières, bancaires et d'épargne des ménages (quelque 2 000 milliards de dinars dont 40% déposés à la CNEP) disponibles localement, le faible niveau de l'endettement public… A charge cependant, et en paraphrasant Karim Djoudi, que la reprise de la croissance économique mondiale soit effective, généralisée, non pas seulement liée à une politique d'austérité budgétaire (réduction des déficits et de l'endettement) comme en Europe, et qu'elle impacte positivement sur la demande énergétique et sur le commerce extérieur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : C B
Source : www.lesoirdalgerie.com