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«Les diplomates enlevés à Gao se portent bien»



Le consul algérien et les six diplomates, enlevés le 5 avril dernier à Gao, au nord du Mali, «se portent bien». Les propos sont du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, qui se veut rassurant quant à la santé des officiels kidnappés depuis environ une vingtaine de jours par le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).
La déclaration de Medelci, faite hier à Alger, en marge de l'audience qu'il a accordée au ministre marocain de l'Education, Mohamed El Ouafa, constitue assurément un soulagement non seulement pour les familles des concernés, rapatriées en Algérie au lendemain de l'enlèvement, mais aussi pour l'opinion algérienne dans son ensemble.
C'est aussi un démenti des plus formels que le chef de la diplomatie algérienne a tenu à faire pour couper cours aux rumeurs distillées depuis le début de semaine faisant état de la détérioration de l'état de santé du consul algérien.
Dans sa déclaration, le ministre des Affaires étrangères s'est montré peu prolixe à l'évocation des diplomates enlevés. Outre la révélation que les diplomates algériens se portent bien et que les autorités compétentes en Algérie suivent en permanence leur état de santé, Medelci a tout juste ajouté que «les contacts sont toujours en cours. Nous attendons qu'ils portent leurs fruits dans les plus brefs délais».
Lors de la conférence de presse conjointe, qu'il a animée hier avec Nabil El Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe, M. Medelci a réaffirmé que l'Algérie «suit au quotidien la situation qui est la leur», et a tenu à «leur rendre hommage». Il a affirmé que les perspectives de leur libération sont réelles.
«Nous comptons à la fois sur la qualité des rapports avec nos frères maliens et ceux particuliers avec nos frères touaregs», a expliqué le chef de la diplomatie algérienne, qui rappelle «les efforts de l'Algérie pour que le peuple touareg vive dans un Mali digne».
Des négociations qui imposent la discrétion
Une attitude qui conforte à juste titre les propos du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, qui déclarait, dimanche, que «les négociations menées pour la libération des diplomates imposent la discrétion», précisant toutefois que la question relève des prérogatives du ministère des Affaires étrangères et des responsables militaires sur les frontières».
Ould Kablia, qui était dimanche l'invité de la Chaîne I de la Radio nationale, a fait savoir en outre que les activités des terroristes et les adeptes du crime organisé écumant dans la région du Mali constituent «une source d'inquiétude pour l'Algérie». Il précisera en outre qu'Alger déplore la séparation entre le nord et le sud du Mali, devenu effective depuis la proclamation, le 6 avril dernier, de l'indépendance de l'Azawad.
Rappelant, par ailleurs, qu'un tel acte barbare qui, étrangement n'a visé que les officiels algériens relevant de la tutelle du ministère des Affaires étrangères, a été condamné avec vigueur par nos autorités et que cet enlèvement a suscité une vague d'indignation exprimée par une multitude d'organisations internationales, ainsi que des responsables de plusieurs pays.
On retiendra en outre, le mystérieux silence des Organisations non gouvernementales (ONG) qui ont toujours fait des mains et des pieds pour démontrer leur promptitude à épingler l'Algérie sur des questions de libertés et de droits de l'homme.
Ces mêmes ONG, qui ne semblent guère s'émouvoir, s'abstiennent de faire part de la moindre réaction de condamnation concernant le rapt des diplomates algériens, ne serait-ce que pour montrer leur attachement à l'un des premiers droits humains, celui du droit à la vie.


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