Le CPA veut récupérer ses... 900 millions de dollars
Le Crédit populaire algérien (CPA) aurait finalement décidé de traquer les mauvais payeurs, selon le site électronique toutsurlalgérie.com dans son édition d’hier.
Le journal rappelle que dans la perspective de sa privatisation, la banque publique multiplie l’envoi aux autres banques de saisis arrêts sur les comptes de ses clients mauvais payeurs. Il s’agit d’un fait rarissime en Algérie pour une banque publique. Selon des spécialistes interrogés, le CPA émet chaque semaine des dizaines de saisis arrêts. L’objectif recherché est de traquer les clients mauvais payeurs et les obliger à régler leurs dettes envers la banque publique. A travers cette opération, le CPA compte réduire le taux de crédits impayés, notamment les crédits «bonne mine» et les créances douteuses. Les cinq banques candidates à son rachat dont BNP Paribas, le Crédit Agricole, Citibank, la Société Générale et Banque Populaire auraient émis des réserves sur le nombre important de créances douteuses qui gangrènent les comptes du CPA. Celles-ci s’élèvent à 900 millions de dollars. Des prêts ont été attribués à la fin des années 90 à des personnalités, porteuses de projets, mais ces projets n’ont, dans leur majorité, jamais vu le jour.
Ainsi, des centaines de projets ont été détournés de leur vocation et les sommes perçues ont surtout servi à alimenter le marché informel. Des personnes physiques auraient contracté des dettes considérables sans jamais rembourser la banque qui se débat aujourd’hui dans une situation inédite. Proposé à la privatisation, le CPA est aujourd’hui confronté à ce problème de créances non recouvrées qui empêche la concrétisation de cette opération. Le CPA cherche également à renflouer ses caisses à la veille de la relance de sa privatisation. Après l’avoir suspendue le 21 novembre dernier, le gouvernement vient de relancer la vente de la banque publique en appelant les candidats à se manifester de nouveau. Le motif invoqué par les pouvoirs publics sur la crise des subprimes est aujourd’hui battu en brèche par cette révélation et contredit les propos tenus récemment par la déléguée au Budget, Mme Mentouri, qui avançait cette hypothèse.
Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com