
Une critique acerbe que les uns et les autres ont fondée sur, presque exclusivement, un argument éminemment politique.A peine suggérée, la possibilité de contracter des prêts auprès de la Chine, n'a pas manqué d'être fortement décriée par nombre d'experts économiques et de personnes se présentant comme tels. Une critique acerbe que les uns et les autres ont fondée sur, presque exclusivement, un argument éminemment politique: à savoir, la décision des pouvoirs publics de ne pas recourir aux crédits extérieurs pour compenser la baisse des recettes budgétaires induites par celle des cours du pétrole. Cette levée de boucliers contre une simple «possibilité» - le mot est de lui - envisagée pour le seul «financement des grands projets», a amené Bakhti Belaïb, ministre du Commerce, qui l'avait évoquée lors de l'entretien qu'il a eu dernièrement avec le président du Conseil chinois pour la promotion de la coopération Sud-Sud, à réagir. Il l'a fait avant-hier, lundi 19 octobre, en des termes qui laissent grande ouverte la porte à moult interrogations sur les véritables raisons de celle-ci. En déclarant que la manière dont un tel endettement est en train d'être diabolisé, soit «une démarche qui n'est pas sensée», il a tout l'air de suggérer que cette réaction aussi rapide que peu étayée n'est pas du tout innocente. Surtout que lors de son annonce de cette «possibilité», il n'avait pas manqué de mettre en exergue les avantages qu'elle comporterait: «La faiblesse des taux d'intérêt appliqués par la Chine» pour les crédits qu'elle consent à des pays tiers, et, nous allions dire, surtout, le cadre politique dans lequel elle pourrait se concrétiser: «La qualité des relations (politiques) entre les deux pays». Une manière subtile de dire que ces deux atouts, l'Algérie ne les trouverait pas ailleurs si elle venait à se retrouver dans l'obligation de se tourner une nouvelle fois vers les marchés financiers internationaux pour financer son économie. Et de suggérer, que certains, dans notre pays, ne veulent pas qu'elle s'éloigne de cet «ailleurs», les institutions financières de Bretton Woods et les banques des pays occidentaux, pour être plus clair, si elle venait à se retrouver dans ladite situation. Est-ce à dire que certaines parties en Algérie oeuvrent à la faire passer, une nouvelle fois, après la douloureuse expérience des années 1990, sous les fourches Caudines du FMI' Nombre d'observateurs ne sont pas loin de le penser. Qui avancent, à l'appui de leur supposition, la promptitude et la virulence de la réaction à l'idée du ministre du Commerce. Laquelle, si elle venait à se concrétiser, assurerait un double gain à notre pays: d'un côté, elle permettrait au gouvernement de poursuivre la réalisation de son ambitieux programme d'équipement, particulièrement, dans le domaine des infrastructures de base, avec tout ce que cela suppose de maintien des postes d'emploi existants et de création de nouveaux et ce, à des conditions avantageuses. Et, de l'autre, d'éviter ainsi au pays de se retrouver, une nouvelle fois, sous la coupe des institutions de Bretton Woods; avec, dans ce cas, tout ce que cela suppose de perte de son pouvoir de décision sur les plans économique et politique. Une éventualité qu'un rapprochement plus conséquent et plus résolu avec la Chine écartera sûrement. Surtout que ce dernier pays s'est engagé, ces dernières années, avec ses partenaires du Brics, un acronyme formé des initiales des pays - le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud - le formant, dans une démarche qui risque, à terme, de bouleverser résolument et profondément les relations internationales. En juillet 2014, cet ensemble de pays avait, en effet, annoncé la création d'une «banque de développement des Brics», basée à Shanghaï, la grande métropole chinoise, destinée, officiellement, «à financer les grands travaux d'infrastructure» sur le territoire de chacun d'eux. Mais dans laquelle, tous les observateurs avisés, ont vu un pendant au FMI destiné à briser son hégémonie sur la sphère financière internationale et, partant, à ôter aux pays occidentaux qui en sont les principaux pourvoyeurs, une arme de pression sur ceux du Tiers-Monde; pour les plus dociles, pour les maintenir dans le giron occidental et, pour ceux d'entre eux qui font preuve de velléités d'affranchissement de cette dépendance par trop étouffante, pour les empêcher de poursuivre dans cette voie. Comme l'Algérie ne fait pas partie des premiers, d'aucuns n'hésitent pas à soutenir que la réaction contre «la possibilité», évoquée par le ministre du Commerce, de contracter auprès de la Chine des crédits destinés au financement des grands projets d'infrastructure, relève du traitement habituellement réservé aux pays de la seconde catégorie. Et ce, même si, cette fois-ci, celui-ci a un aspect d'anticipation...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mourad BENDRIS
Source : www.lexpressiondz.com