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Le gouvernement... encaisse



Le gouvernement... encaisse
L'euro bat des recordsL'incroyable flambée du cours de l'euro qui a franchi le cap des 190 DA annonce l'échec cuisant de l'Exécutif à capter l'argent de l'informel.Finalement, le véritable baromètre de la situation politique socio-économique du pays se trouve au square Port Saïd, à Alger où est également situé le siège de la bourse de l'informel. Depuis ces deux dernières semaines «le square Exchange», connaît une agitation intrigante et inexpliquée. Le prix de l'euro a brusquement flambé passant le cap des 190 DA et il n'est pas exclu qu'il atteigne la barre des 200 DA dans les tout prochains jours. Qu'est-ce qui justifie cette frénésie' Nous ne sommes ni en période de Hadj ni en période de vacances ni en fin d'année! Certes, il y a eu une dépréciation du dinar, mais cela n'explique pas cette agitation des Algériens. Pour les observateurs, il y a le facteur psychologique qui pousse nos compatriotes à acheter en masse des euros et des dollars, devenus depuis quelques semaines des valeurs refuges. On préfère acheter l'euro que de mettre l'argent dans les banques algériennes. On préfère convertir le dinar en euro que de le mettre dans l'immobilier qui n'est plus un bon placement. N' y a t-il pas une volonté de susciter puis entretenir à dessein cette peur et cette inquiétude chez les populations' Surtout que les ingrédients sont réunis pour alimenter les rumeurs les plus folles. Dabord, le contexte politique flou et la situation économique trop fragile doublée d'un manque incontestable de communication de la part du gouvernement laissant place aux spéculations invraisemblables. La rumeur d'un changement de monnaie a largement contribué à faire flamber le marché de la devise. Du coup, il y a eu un effet d'avalanche: les détenteurs de la «ch'kara» se ruent vers les cambistes et les professionnels de la météo politique annoncent qu'un déluge va s'abattre sur le pays. Et voilà le moral en berne. A ne pas en douter, cette flambée a une relation directe avec les dernières décisions économiques prises par le gouvernement et qui sont principalement au nombre de deux: la première porte sur l'exigence du chèque pour toute transaction immobilière dépassant les 5 millions de dinars et la seconde est relative au processus de mise en conformité de l'argent de l'informel. Le coup ne ratera pas; ces deux décisions sont torpillées avec cette flambée. Mais pourquoi le silence de la Banque d'Algérie' Pourquoi le silence du gouvernement qui voit couler ses projets avec cette célérité sans freiner la dérive' Y a-t-il des complicités' On est en droit d'en douter quand des initiatives mettant en jeu la crédibilité de l'Exécutif sont torpillées de la sorte sans qu'il y ait la moindre réaction. Rien que pour la bancarisation de l'argent de l'informel, le gouvernement Sellal comptait récupérer un pactole évalué à près de 10 milliards de dollars destinés à financer l'économie nationale en ces moments de crise. Ou alors le gouvernement a-t-il déjà baissé les armes face aux bailleurs de l'informel qui s'exhibent au Square' Pour les économistes, cette situation explique une défiance des Algériens envers leur monnaie, le dinar, ce qui est inquiétant. C'est l'interprétation donnée à ce phénomène par l'économiste M'hamed Hamidouche. «L'effet combiné de l'inflation réelle et de la dépréciation du cours du dinar qui a perdu, en une année, un quart de sa valeur face au dollar, il devient contre-productif de détenir des dinars qui perdront encore de la valeur dans quelques mois», explique-t-il encore. Pour l'expert Abderrahmane Mebtoul, cette forte demande provient, entre autres, de la sphère informelle qui contrôle 40/50% de la masse monétaire en circulation. «Tout se traite en cash favorisant des liens dialectiques avec certains segments rentiers favorisant l'évasion fiscale et la corruption que l'on ne combat pas par des actions bureaucratiques», avance Mebtoul. Il note par ailleurs qu'il y a «un lien dialectique entre ces sorties de devises dues à des surfacturations et l'offre, sinon cette dernière serait fortement réduite et le cours sur le marché parallèle de devises serait plus élevé, jouant donc, comme amortisseur à la chute du dinar sur le marché parallèle». Que devient la crédibilité de l'Executif face à cette fuite des capitaux déguisée'


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