Le référendum sur la révision constitutionnelle n'a manifestement pas été au centre des priorités de tous les Algérois. Dans les rues d'Alger, on s'aperçoit vite, d'ailleurs, qu'une grande partie des citoyens n'affichent pas de réel engouement pour ce scrutin au moment même de son déroulement.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - À la mi-journée, la principale artère de Didouche-Mourad, fourmille de monde. Des foules compactes se constituent rapidement, notamment près des divers commerces qui assurent la permanence en ce jour férié.
Sous un soleil printanier et des températures plus ou moins clémentes, les citoyens défilent et se livrent tranquillement à leurs occupations. Une image qui laisse penser qu'il s'agit d'une journée ordinaire de congé. Sauf qu'en parallèle, les centres de vote ouvraient leurs portes afin d'accueillir les électeurs devant se prononcer sur la mouture de la révision constitutionnelle.
Autre contraste, la présence d'un dispositif policier des plus musclé dans les places les plus fréquentées par la population, à l'image d'Audin. Des fourgons blindés et autres véhicules appartenant aux forces de l'ordre étaient stationnés en rangs dispersés, particulièrement au niveau des principales rues du Centre. Mais à première vue, cet arsenal policier, n'a pas spécialement l'air de perturber la foule.
À la place Maurice-Audin, près du tunnel des Facultés, aucune tension palpable. D'aucuns sont assis sur les bancs publics. Sur place, le sujet de débat engagé entre trois quinquagénaires témoigne du détachement de ces derniers vis-à-vis de ce référendum.
La pandémie du Covid-19 semble beaucoup plus préoccuper leurs esprits. «La situation sanitaire m'inquiète plus qu'autre chose», dira l'un d'entre eux.
Abordant la question du référendum, un autre lance aussitôt, cigarette entre les doigts ; «les dés sont pipés». «Le principe du vote a perdu tout son sens chez nous, et ce, depuis belle lurette alors à quoi bon», avance-t-il avec fatalisme. Au marché Réda-Houhou les femmes sont nombreuses, et la plupart sont là pour solliciter les rayons des fruits et légumes.
Celles-ci semblent encore plus détachées de cet événement qui était supposé marquer la journée. «Franchement je n'ai pas assez de recul sur la question, donc je préfère ne pas répondre», confie cette jeune enseignante en mathématiques.
D'après elle, «il y a d'autres priorités vu que nous vivons une conjoncture sanitaire et économique instable». Une autre maman de 40 ans enchaînera d'un ton sarcastique que tout ce qui l'importe pour le moment, c'est «de remplir son couffin».
Autre lieu, mais même état d'esprit des citoyens. À proximité de la Grande-Poste, la foule n'est pas celle des jours de semaine. Les terrasses ne sont qu'à moitié pleines. Quelques passants vont et viennent dans les allées jouxtant cet édifice.
Non loin de là, trois jeunes hommes dont la tranche d'âge varie entre 25 et 30 ans, sont assis et profitent d'un bain de soleil. Ces derniers ne sont visiblement pas interpellés par le mot référendum.
Evoquant le sujet, ils estiment que le fait d'aller voter n'aura aucun impact sur leur avenir. «Pourquoi irons-nous voter alors qu'on sait pertinemment que rien ne va changer pour nous», ont-ils expliqué.
Les lieux de détente envahis par les riverains
Le même après-midi, à quelques kilomètres du centre de la capitale, précisément à la promenade des Sablettes, certains ont préféré profiter du soleil, chacun à sa manière. «Je profite de ce long week-end pour me détendre loin de la politique», explique un homme accompagné de sa femme et de ses deux enfants. À l'instar de cette famille, beaucoup de citoyens ont convergé vers ce lieu hautement privilégié pour la relaxation.
À côté, des jeunes se prélassent au soleil en écoutant de la musique, veillant toutefois à respecter les mesures barrières.
Eux aussi n'affichent que peu d'enthousiasme à l'égard du scrutin. «Nous sommes venus ici pour oublier nos problèmes», s'empresse de dire Yousra qui se considère par la force des choses, comme une «à politique». «À cause de certains événements j'ai dû me détacher de la politique», dira-t-elle sans entrer dans les détails.
Contrairement à cette dernière, un sexagénaire estime au contraire que le vote est censé être un devoir citoyen. Il estime pour sa part, que «chacun doit exprimer son avis et peser de son poids».
Lui aussi n'est pas allé voter, mais pas pour les raisons évoquées par quelques personnes. «Je suis âgé et très malade, j'ai peur qu'en me rendant à un bureau de vote, j'attrape le Covid-19», s'est-il défendu.
Sur le plan de la circulation routière, les routes étaient plutôt fluides. Les autoroutes qui connaissent habituellement un flux important des automobilistes, étaient hier, quasi-vides.
M. Z.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com