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Les algériens à la recherche de compensation



Les algériens à la recherche de compensation
L'arrêt de l'importation de produits étrangers jugés non utiles se fait nettement ressentir sur le marché. Les lieux de commerce où s'effectuait la vente de cette marchandise sont moins achalandés, au grand dam d'une clientèle qui tente de se débrouiller comme elle peut pour dénicher la marque recherchée.Abla Cherif - Alger (Le Soir) - La tension est donc désormais parfaitement perceptible sur un certain nombre de ces produits auxquels se sont habitués les Algériens.
Les supérettes et autres lieux de commercialisation d'articles venus d'ailleurs ne sont plus aussi fournis qu'auparavant. «Plus rien ne rentre, lâche un jeune vendeur, voyez, on range nos étagères beaucoup plus facilement.
Auparavant, croyez-moi, il fallait empiler tout ce qui arrivait ou faire des tas qui tenaient difficilement.» Il accepte sans se faire prier d'entamer une visite guidée du local appartenant à son frère aîné.
«Ici, il y avait les chocolats et toutes les autres sucreries importées de l'étranger, il nous reste encore un petit lot, mais il sera écoulé d'ici quelques jours.
Ensuite, plus rien. Si mon frère accepte, nous ferons comme les autres, proposer des produits ramenés par cabas, mais leur prix sera plus élevé.» En lieu et place de l'espace réservé aux chocolats, le garçon entrepose des paquets de biscuits fabriqués localement.
Les marques étrangères auxquelles se sont habitués de nombreux Algériens ont également disparu. Non loin de là , un espace plus large n'a pas encore été débarrassé des graines qui se sont échappées de leur emballage. Quelques amandes, des pistaches et des noix de cajou. «Dans d'autres commerces, on peut encore en trouver, mais leur importation est clèturée, finie. C'est dommage, les Algériens se sont habitués à ce luxe, certains ne peuvent plus envisager une soirée sans grignoter», poursuit ce jeune vendeur en riant.
Des clientes qui l'écoutent ainsi commenter la nouvelle situation se mêlent à la conversation. Les jeunes filles qui les accompagnent déplorent la disparition de plusieurs marques auxquelles elles étaient attachées.
Les produits cosmétiques sont cités en exemple. «Certains maquillages étaient de meilleure qualité que ceux que l'on trouve actuellement. Ils ont disparu, c'est malheureux car certaines femmes ont la peau sensible et ne supportent pas les produits bas de gamme. Et puis, il y a toutes ces lotions pour l'hygiène corporelle, des soins et des masques pour cheveux, des shampoings spécifiques qu'on ne trouve plus facilement. Ils n'ont pas complètement disparu mais pour les trouver, il faut bien chercher. Naturellement, leur prix a augmenté.
L'huile de noix de coco a ainsi atteint les 1 000 DA le bocal alors qu'elle était vendue à 700 DA auparavant. Mais certaines filles sont obligées de l'acheter car elles ne peuvent pas se payer des soins à la kératine».
Des dames plus âgées accompagnent les jeunes filles qui s'expriment ainsi. «Nous on ne peut pas dire qu'on regrette toutes ces marchandises, depuis qu'elles ont disparu, on dépense moins d'ailleurs, mais il y a une habitude qui s'est ancrée chez nous. Les enfants avaient par exemple pour habitude de prendre des goûters faits de tartines et de chocolat à tartiner.
A présent, les fameux bocaux que l'on voit dans les publicités ne sont plus vraiment disponibles, certains magasins en disposent encore, mais ils le vendent beaucoup plus cher.» Des pères de famille rencontrés avouent avoir été dans l'obligation de stocker certains produits auxquels ont pris goût leurs chérubins.
Les adultes ne sont pas moins concernés. «Les boîtes de champignons entiers ou de marques bien connues, on aimait cela nous. Certains biscuits, fromages, confitures, marques de café ou certains conserves, comme les cœurs de palmier, ont fait nos beaux jours.
On ne les consommait pas régulièrement, mais leur présence était agréable. A présent, il faut s'orienter vers de nouvelles habitudes alimentaires.»
De nouvelles adresses aussi. Celles de petites boutiques où l'on trouve absolument de tout. «De petites quantités venues d'ailleurs par cabas, et, là aussi, on sait au moins qu'il n'y a pas de contrefaçon.»
Parmi les citoyens interrogés, plusieurs mamans avouent avoir été décontenancées par l'arrêt de l'importation de couches et de laits pour bébé. Un père de famille raconte avoir été obligé de se déplacer dans une autre wilaya pour se rendre chez un commerçant qui disposait d'un lot de couches de la marque recherchée.
«La supérette où je m'approvisionnais a fermé, elle proposait presque exclusivement des produits venus de l'étranger.»
Cette situation a ainsi contraint de nombreux Algériens à adopter de nouvelles habitudes avec un arrière-goût de nostalgie pour une époque déjà révolue...
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