La grève des greffiers d'une semaine, entamée hier sous la conduite de la Fédération nationale des fonctionnaires de la justice, affiliée au Syndicat national du personnel de l'administration publique (SNAPAP), a paralysé tout le secteur.
En effet, tous les services de la justice ont été à l'arrêt.
Lors de notre visite, effectuée dans quelques tribunaux de la capitale, notamment à Saïd Hamdine, des guichets qui ont l'habitude de connaître une affluence étaient déserts.
C'est la paralysie totale. Exprimant sa colère, un fonctionnaire a tenu à dénoncer la marginalisation affichée à leur égard par la tutelle. «Nous travaillons dans la justice alors que nous sommes victimes de l'injustice», ironise-t-il. Le même avis est partagé par un autre agent de sécurité au sein de cette instance.
Les bras croisés, ce dernier n'a pas cessé de se plaindre de la situation de cette catégorie qui, selon lui, est «privée du moindre droit», faisant allusion à leur revendication relative à la revalorisation salariale. Pour notre interlocuteur «réhabiliter ces travailleurs nécessite avant tout l'amélioration des conditions matérielles».
La décision de durcir le ton s'est fait remarquer dans plusieurs tribunaux de la capitale. Cependant, par cette action de protestation, des citoyens se disent pénalisés et ne peuvent pas franchir le seuil des tribunaux pour retirer des papiers administratifs ou suivre leurs affaires en justice.
Les grévistes ont décidé de durcir le ton et de ne pas assurer le service minimum. Cette décision a eu des effets négatifs sur les citoyens qui seront dans l'obligation de reporter leur demande des documents administratifs comme le passeport, la pièce d'identité... jusqu'à ce que ce mouvement prenne fin. Pour certains citoyens, rencontrés sur les lieux, «ce mouvement de grève est injustifiable et pénalisant».
Un autre, rencontré devant le tribunal d'Alger, s'insurge : «Ils nous ont privé même du service minimum.» Avant d'ajouter : «Mais ils doivent (les grévistes) penser à nous.» S'insurgeant contre ces critiques, un agent de guichet nous dira : «Nous ne tolérerons pas ses manipulations de la tutelle», en ajoutant qu'ils sont déterminés à continuer leur mouvement de contestation jusqu'à la satisfaction de leurs revendications.
Sur leurs revendications, les greffiers attendent justement une revalorisation de leur salaire, un revenu qui ne correspond pas à leur mission. Jusqu'à hier, la tutelle continue d'ignorer leurs doléances. Le mouvement de grève organisé par les greffiers, il y a plus d'une semaine, n'a pas encore provoqué de réaction officielle du ministère de la Justice.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karima Adjemout
Source : www.letempsdz.com