
Si la visite de François Hollande, en décembre prochain, à Alger, a un caractère éminemment politique, comme l'a affirmé le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci, celle de Jean-Pierre Raffarin, prévue fin novembre, sera exclusivement consacrée aux dossiers économiques. Des dossiers liés à la coopération entre les deux pays, dont des points restent à étudier et à ficeler comme c'est le cas du projet Renault. Mais globalement, dans les relations économiques entre les deux pays, l'aspect commercial prime sur le partenariat gagnat-gagnant.L'on s'attend justement à ce que le projet Renault, toujours en cours de négociations, donne un coup d'accélérateur à ces relations. Serait-ce le cas ou bien devrait-on s'attendre à un ajournement ' Ces questions s'imposent connaissant les lenteurs qu'a connues le dossier depuis le début des négociations. Et ce même si le ministre français du Redressement productif, M.Arnaud Montebourg, a annoncé le 4 novembre dernier que le projet d'une usine de fabrication de voitures Renault en Algérie «avance très bien».
Au-delà de ce projet que l'Algérie tient à concrétiser, ce sont les investissements français qui tardent à connaître le développement aspiré, particulièrement du côté algérien où on ne cesse de faire appel ces dernières années au savoir-faire étranger pour relever le défi de la diversification économique.Le ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion de l'investissement, Chérif Rahmani, a d'ailleurs relevé ce point lors de la visite du ministre français du Redressement productif, insistant sur l'importance de la de la bonne gouvernance et du transfert de savoir-faire pour le développement de l'industrie.«Pour parvenir à mener l'industrie algérienne vers un autre stade nous avons besoin de bonne gouvernance en termes de management industriel et de transfert de savoir-faire. Nous avons besoin également d'un partenariat de proximité, concret et réel sur des produits qui, pour nous, sont stratégiques», avait indiqué Rahmani à ce sujet. Or, pour l'heure, le concret reste insignifiant. Le savoir-faire et les nouvelles technologies recherchées se font toujours désirer, que ce soit de la part des partenaires français ou d'autres. Que ce soit dans l'industrie automobile ou dans d'autres filières industrielles (pétrochimie, pharmacie, industries manufacturières'). Sinon, on n'aurait pas assisté à la multiplication des appels de la part des responsables algériens pour appuyer le pays technologiquement et à faire avancer les projets en suspens, en mettant en avant les potentialités d'investissements en Algérie. Le ministre de l'Energie et des Mines a également abondé dans ce sens, invitant les entreprises françaises à s'engager «davantage» dans les investissements en Algérie et dans les hydrocarbures, la pétrochimie, les mines et la fabrication localement des équipements entrant dans l'industrie du pétrole, du gaz et des énergies renouvelables. Cela pour illustrer le fait que la faible présence des investissements français ne répond pas aux attentes de l'Algérie. Dans ce cadre, il est utile de rappeler qu'un rapport d'Ubifrance, publié récemment évalue le stock d'investissements directs français en Algérie à 1,9 milliard d'euros en 2010, en hausse de 26% par rapport à 2009. Ce stock est essentiellement composé d'investissements dans les activités financières (34%), suivi des activités scientifiques et techniques (11%), des hydrocarbures (9%), des industries pharmaceutiques (6,5%), agroalimentaires (5%) et automobiles (4%).En matière de transfert de technologies, Ubifrance a donné comme exemples le contrôle de qualité, l'audit sécurité, la sécurisation des procédures, la certification environnementale, les solutions innovantes, les centres d'appels, les traitements informatisés à distance et les technologies avancées. Mais les besoins de l'Algérie dans ce segment sont beaucoup plus importants. D'où la nécessité de donner une nouvelle tournure à ces relations à travers lesquelles la France désire, selon Arnaud Montebourg, construire une «alliance industrielle» et conclure un «pacte de coproduction». Des paroles en attendant les actes.
S. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.latribune-online.com