Alger - Revue de Presse

Le rapprochement Gazprom et Sonatrach inquiète le Vieux Continent



L’Europe grelotte avant l’hiver Le ministre russe de l’Industrie et de l’Energie, Viktor Khristenko, a officiellement invité l’Algérie à prendre part à la conférence Russie-UE pour la coordination des stratégies énergétiques, qui se tiendra à la fin du mois d’octobre dans le cadre de la Semaine russe du pétrole et du gaz... Cette invitation, faite au cours d’une récente rencontre avec le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a naturellement provoqué un étonnement et une incompréhension au sein de la communauté européenne qui voit d’un mauvais œil le rapprochement stratégique entre Gazprom et Sonatrach. La société russe Gazprom a annoncé dernièrement qu’elle a envisagé avec la partie algérienne la construction d’une usine de liquéfaction de gaz sur le littoral de la Baltique. Le dossier d’opportunité du projet Baltiiski SPG (Gaz liquéfié balte) est élaboré par le consortium russe en collaboration avec PetroCanada, qui est prêt à mettre ses potentialités à disposition pour accéder au marché gazier nord-américain. Cependant, Gazprom n’a pas encore de partenaire susceptible de l’aider à construire d’ici à 2009 une usine d’une capacité de 5 millions de tonnes par an et de lui fournir la technologie de la liquéfaction du gaz. Tout semble indiquer que ce partenaire pourrait être la Sonatrach, l’acteur le plus expérimenté sur le marché du gaz naturel liquéfié. Selon le quotidien français Le Figaro, l’alliance entre les deux géants gaziers Gazprom et Sonatrach, qui fournissent plus d’un tiers du gaz consommé en Europe, inquiète la Commission européenne. Le gouvernement italien voit le partenariat conclu vendredi dernier entre ces deux compagnies comme «une Opep du gaz, un cartel qui ferait la pluie et le beau temps sur les marchés mondiaux». Romano Prodi, le Chef du gouvernement italien est allé plus loin en demandant carrément à l’UE d’examiner ledit partenariat. Un porte-parole de la Commission a abondé dans le même sens que le Chef du gouvernement italien en affirmant que son institution étudierait «toutes les implications possibles de l’accord». Comment faire jouer la concurrence si les deux principaux fournisseurs en gaz de l’Europe s’allient, est la question récurrente qui revient le plus souvent dans la bouche de ces mêmes responsables européens. A eux seuls, les deux compagnies produisent 186 milliards de m3 de gaz dans le monde: Gazprom produit 125 milliards de mètres cubes de gaz et Sonatrach, quelque 61 milliards. Pour Gérard Mestrallet, le patron de Suez, une société française qui redoute un autre monopole sur le gaz à l’image de celui du pétrole, «Gazprom, Sonatrach et Loukoil, autre géant russe, financeront ensemble les projets d’exploration et de production de gaz et de pétrole en Algérie». Aussi, il ne s’empêche pas de mettre en garde les membres de l’exécutif européen contre la dépendance du Vieux Continent vis-à-vis du géant russe. Les russes Gazprom et Lukoil ont signé avec la Sonatrach des mémorandums sur la compréhension. Et bien que rien de concret n’ait été décidé en matière d’activités conjointes, le rapprochement des deux grands fournisseurs de gaz suscite déjà des inquiétudes chez les consommateurs européens. L’Italie qui reçoit de Russie 30% du gaz qu’elle consomme et qui consomme également de grandes quantités de gaz algérien, est l’un des pays qui sont à trembler. Il faut le dire, en cas d’alliance de ces deux grands fournisseurs, ce pays serait totalement dépendant des exportations. Il n’est donc pas étonnant que le Premier ministre italien, Romano Prodi, qui, récemment encore, était à la tête de la Commission européenne, ait immédiatement réagi à l’information en provenance de Moscou et demandé l’élaboration urgente de la politique énergétique unique de l’UE. Hocine Adryen
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