Une politique désastreuse«Le prix du sac de ciment s’est stabilisé à 350 dinars». C’est la déclaration tonitruante faite par un responsable de l’industrie des matériaux de construction et qui traduit une satisfaction apparente. Du temps où les cimenteries faisaient encore partie du réseau des entreprises affiliées au secteur public, et avec tous les désagréments causés par des pannes ou des périodes d’arrêt pour raison de maintenance et qui perturbaient la distribution et la disponibilité de ce produit stratégique, le sac de ciment n’a jamais coûté plus que 310 ou 320 dinars. Encore que cette barre était atteinte parce que les spéculateurs, jouant de la corruption, graissaient la patte à certains responsables pour faire de gros bénéfices au détriment des réalisations publiques ou privées.Pour en finir avec ce jeu malsain qui consistait à déséquilibrer la production nationale afin de provoquer une hausse des prix et pousser les responsables à recourir à l’importation de ciment, les cimenteries ont été «classées» entreprises défaillantes et rajoutées sur les listes des entreprises et sociétés à privatiser. Nonobstant le fait que l’avenir dévoilera les vraies raisons de ce bradage et divulguera les noms des acquéreurs -les vrais, ceux qui se cachent derrière les prête-noms, la privatisation a été dépeinte comme étant le remède miracle pour redresser la situation de plusieurs secteurs étatiques malades. L’opération lancée à grands renforts de publicité et d’arguments économiques a montré la naïveté de ses promoteurs, dans la mesure où seules les entreprises rentables et peu déstructurées ont été vendues. Et à ce jour des centaines d’entreprises continuent de battre de l’aile, quand elles ne sont pas tout simplement K.O sans qu’un plan de sauvetage sérieux ne soit mis en place, ne serait-ce que pour préserver les postes de travail de milliers de travailleurs au moment où le chômage pousse une jeunesse désœuvrée à la délinquance et au crime pour survivre. Le marché de dupes, qui consistait à faire croire aux Algériens que leurs postes de travail seront garantis et qu’il n’y aura pas de compression après le rachat de leurs entreprises, a fait long feu. La privatisation qui devait assurer une augmentation de la production et qui visait à décharger l’Etat de charges qu’il ne parvenait plus à supporter tout en permettant un transfert de technologie, a été un bide. Le ciment manque et les prix se maintiennent à des cimes élevées. C’est tout le programme présidentiel de construction du million de logements qui s’en ressent. Heureusement que la privatisation de Sonatrach a connu un retournement de situation heureux. L’Algérie aurait perdu ce qui lui reste de souveraineté.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com