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Le problème de financement : l'arbre qui cache la forêt Les PME algériennes ont du mal à grandir



Le problème de financement : l'arbre qui cache la forêt Les PME algériennes ont du mal à grandir
Force est de constater que dans la période s'étendant de 2000 à 2010, les petites et moyennes entreprises ont connu une croissance rapide. Elles sont actuellement au nombre de 660 000 entreprises. L'Etat s'est fixé l'objectif d'atteindre 2 millions de PME d'ici 2024.Un chiffre qui témoigne de la volonté des pouvoirs publics algériens de développer ce tissu économique, en favorisant la création d'entreprises, notamment à travers les nombreux dispositifs (Ansej, Angem, CNAC') qui ont été mis en place pour les jeunes et les moins jeunes. Par ailleurs, si l'Algérie se montre aussi généreuse lors de la phase de création, la question du développement et de la pérennité de ces entreprises semble être négligée. En effet, 97,8% de l'ensemble des entités économiques recensées par l'Officie national des statistiques (ONS) sont des entreprises de très petite taille (TPE), se situant sur la tranche d'effectifs 0-9 salariés. Quant aux entités économiques qui emploient 250 personnes et plus, elles ne représentent que 0,1 % de la population des entreprises en Algérie.
Il semblerait que les scénarios à la Cevital, SIM et NCA Rouiba, de petites entreprises devenues de grandes puissances économiques au niveau national soient rares. Pourquoi donc les entreprises algériennes ont autant de mal à se développer ' Est-ce un problème de financement du fait que les PME se trouvent dans l'impossibilité de fournir des garanties aux établissements financiers, ce qui les empêche d'obtenir les ressources financières nécessaires à leur développement ' La première embûche sur le chemin des PME algériennes et à laquelle fait référence Fatiha Rachedi, membre de NAPEO Algérie (Le partenariat d'Afrique du Nord pour les opportunités économiques) est liée à la bureaucratie et la lenteur des procédures administratives auxquelles fait face l'entreprise algérienne depuis sa création. «Le temps est très important.
Un projet dans un domaine sur lequel on a décidé de se lancer dans un mois ou deux, et si le temps de réaction des autorités compétentes est lent, parfois on perd du fait de l'arrivée de nouveaux concurrents. Le contexte dans lequel l'approche de marché a été faite risque d'être différent», dit-elle. De plus, les dispositifs mis en place n'accordent qu'une partie du financement, les banques assurent elles aussi une partie. La solution serait de créer un guichet spécialisé au niveau des banques pour rester dans cette philosophie d'accorder les avantages très vite et de mettre en place les financements rapidement, ou encore mieux créer la banque des PME qui serait entièrement dédiée à cette population d'entreprises et qui est censée tenir compte de leurs spécificités, notamment la faiblesse en termes de fonds propres, de garanties et leur apporter un financement spécifique. N'oublions pas que les banques, de leur côté, ont des règles prudentielles à respecter. Il convient donc de mettre en place un dispositif adapté à la spécificité des PME.
Un problème d'accompagnement
Selon Fatiha Rachedi, il convient non seulement de mettre en place des structures d'accompagnement pour les porteurs de projets, mais aussi de doter les structures existantes d'un nombre suffisant de coaches, d'accompagnateurs, de formateurs à la disposition des porteurs de projets. Au niveau de l'Ansej par exemple, le nombre de coaches est insuffisant par rapport au nombre de projets proposés. Fatiha Rachedi propose d'instaurer un chèque conseil et formation. «Si on accorde 1 million de dinars à l'entrepreneur, pourquoi pas consacrer 5 à 10 % du budget au conseil et à la formation '», explique notre interlocutrice, en ajoutant que ce chèque peut être «saucissonné» en 3 montants. Le premier pour la formation de base, le second pour assister le porteur de projet dans l'élaboration du business-plan, et le dernier pour l'accompagner et le coacher dans la phase de création et de développement de son entreprise. Ainsi, en suivant l'entrepreneur dans l'ensemble des phases de création et de développement de son entreprise, on aura minimisé les risques d'échec et évité de financer des projets dont on ne connaît pas la viabilité et la pérennité. Ce chèque conseil est d'ailleurs une pratique qui existe un peu partout dans le monde. Aussi, pour s'assurer que ce chèque est correctement dépensé, les pouvoirs publics peuvent délivrer des agréments à des bureaux de conseil après avoir vérifié les compétences et orienté l'entrepreneur vers l'un de ses bureaux. Ce n'est qu'au moment où il obtient son attestation qu'il faut débloquer le financement.
Assistance ou assistanat '
A cette question, Fatiha Rachedi répond par un non catégorique. «Au contraire, on va vers l'assistance», affirme-t-elle. Explication : si le porteur de projet a opté pour un créneau qui est saturé, le coach lui fait prendre conscience du nombre de clients, de concurrents, il n'est pas couvé mais on l'éclaire, on lui livre un diagnostic de la situation afin qu'il puisse prendre les bonnes décisions. Il est clair qu'il existe un état d'esprit général qui fait qu'on vient demander de l'aide à l'Etat. Il est clair que nous devons en sortir. Toutefois, il ne faut pas oublier que dans les économies ouvertes, en France, en Europe et aux Etats-Unis, les dispositifs de financement et d'accompagnement existent, les incubateurs aussi. Le problème en Algérie, c'est que les incubateurs sont dotés d'administrations avec tout ce que cela implique en termes de lourdeurs administratives et de bureaucratie. Il faudrait que les incubateurs se transforment en de véritables centres d'accompagnement, d'assistance, d'écoute et de conseil.
Un problème d'ordre managérial
Au-delà du financement de l'accompagnement auquel font fassent les entreprises pour se développer, se pose un problème d'ordre managérial. Selon Nacereddine Aïssam, manager de Stragos Conseil (un cabinet de conseil en management), parfois c'est le patron propriétaire lui-même qui constitue un frein au développement de son entreprise. Cela peut être dû à l'inadéquation du profil de l'entrepreneur avec l'activité de l'entreprise. Pour éviter cela, il convient que toute personne qui désire se lancer dans l'aventure entrepreneuriale se pose les deux questions suivantes : Qu'est-ce que je veux faire ' Et qu'est-ce que je peux faire ' Le problème peut être également lié au style de management ; souvent les managers veulent tout contrôler et refusent de déléguer et responsabiliser les ressources humaines, ce qui empêche le développement des compétences au sein des entreprises.
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