
Abdelaziz Bouteflika est-il encore au fait des réalités nationales et internationales ' S'est-il découvert un nouveau caprice avec lequel il veut amuser la galerie et détourner l'attention des citoyens des vrais problèmes qui gangrènent l'Algérie et hypothèquent son avenir ' Il y a de quoi rester perplexe et de s'interroger après son annonce de création d'un «prix du président de la République du journalisme professionnel». L'homme n'est pas connu pour porter les journalistes dans son c?ur et être un militant de la liberté d'expression.Dès son arrivée au pouvoir, il avait annoncé la couleur en s'autoproclamant «rédacteur en chef de l'APS» et, joignant le geste à la parole, il s'était mis lui-même à signer les décisions d'affectation des journalistes de l'agence dans les bureaux à l'étranger, du jamais vu depuis l'indépendance. Au passage, il ne ratait pas l'occasion de traiter les gens de la profession de «tayabet el hammam».En 2001, il a imposé un code de l'information qui alourdissait les peines pour les journalistes et imposait des amendes impossibles à supporter pour un organe de presse tant elles étaient élevées. N'a-t-il pas fait emprisonner Mohamed Benchicou durant deux ans pour un délit qui n'existe dans aucun code pénal ' Depuis qu'il a été intronisé, même les jeunes blogueurs n'ont pas échappé à sa haine et se sont retrouvés embastillés pour outrage au roi.Bouteflika a tellement cherché à mettre au pas qu'il a usé de tous les subterfuges malhonnêtes pour empêcher les annonceurs de donner de la publicité à El Watan et El Khabar. Et c'est cet homme-là qui va créer un prix portant son nom ' Ce ne sera qu'un de plus dans l'inflation de récompenses qui visent le secteur. Même un fabricant de cachir s'est permis de se doter, lui aussi, d'un prix ciblant la presse et personne n'a trouvé à redire. Aucune distinction du genre proposée par le chef de l'Etat n'existe dans un pays en voie de démocratisation et surtout pas dans les grandes démocraties.Son comportement irrationnel a débuté dès son premier mandat, lorsqu'il a mis en branle tout l'appareil de l'Etat pour une campagne nationale visant à lui faire octroyer le prix Nobel de la paix. Une opération si ridicule que le jury du Nobel ne lui a accordé aucune attention. De toute façon, les intentions de Abdelaziz Bouteflika ne sont jamais saines. Aujourd'hui, personne ne peut le créditer d'un quelconque respect pour la démocratie.Au contraire, il a man?uvré pour imposer à l'Algérie une régression inouïe. N'a-t-il pas gelé la Cour des comptes, le Conseil supérieur de l'énergie, le Conseil constitutionnel et le Conseil d'Etat, dont l'une des rares décisions concernant le FLN a été annulée par le wali d'Alger. Des institutions de la République piétinées alors qu'elles sont constitutionnelles. Bouteflika et son clan ont pourri l'Algérie et ils poursuivent leur besogne criminelle dans le mépris total de l'opinion publique. Cette histoire de prix en est une nouvelle preuve. Mais l'impunité n'est pas éternelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tayeb Belghiche
Source : www.elwatan.com