Alger - A la une

Le pouvoir était évidemment conscient de l'éventuel dérapage de cette marche



Le pouvoir était évidemment conscient de l'éventuel dérapage de cette marche
Cette marche a été appelée d'une certaine manière par le pouvoir, qui a tenu à tout prix à être au diapason de la «rue islamique» comme il a été avec le monde diplomatique en envoyant son ministre des Affaires étrangères assister à la grande marche de Paris sous la houlette de François Hollande.Dans cette perspective, le pouvoir a instruit, d'abord, les imams à consacrer le prêche du vendredi, dans les 15 000 mosquées, à l'islamophobie qui a pris de l'ampleur en Europe ces dernières années. Ensuite, la marche n'a pas été interdite à Alger en opposition aux autres manifestations à caractère socioéconomique et politique.Pour le pouvoir, cette marche visait éventuellement à faire diversion au regard du mouvement social qui a pris une nouvelle dimension, voire une nouvelle dynamique avec l'exploitation du gaz de schiste. En s'y opposant, la population du Sud prouve sa haute conscience sociale. C'est la première fois dans la jeune histoire du mouvement social que des Algériens sortent dans la rue non pas pour des intérêts corporatistes et particuliers, mais pour l'intérêt national, en plus clair pour un objectif «citoyen».Le pouvoir était évidemment conscient de l'éventuel dérapage de cette marche. En jouant sur plusieurs registres, comme à l'accoutumée, il a bien calculé le risque qu'elle pouvait provoquer. Le risque à court terme était jouable au regard de l'énorme enjeu qu'il comptait fructifier. C'est pourquoi il a bien cadré cette marche en déployant un énorme appareil sécuritaire. Au regard de la conjoncture actuelle, marquée par une profonde crise fiscale, cette marche, sans grande surprise, est du pain béni pour les islamistes, qui viennent de marquer un point.Quant au pouvoir, cette manifestation relevant d'une autre époque lui a permis d'allonger sa survie de quelques instants. Les islamistes, chauffés à blanc par des pouvoirs occultes, vont revenir à la charge. Cette fois-ci, le pouvoir n'aura pas assez de ressources pour arrêter la longue marche pour la prise de la citadelle et déjouer de ce fait les man?uvres déstabilisatrices des grandes puissances.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)