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le pouvoir d'achat prime sur le politique



le pouvoir d'achat prime sur le politique
A Sidi M'hamed, un jeune s'est fait connaître par un acte d'arrachage d'affiche qu'il a pris la peine de faire filmer à la rue Belouizdad, juste en face du ministère du Travail.
S'il y a un mot qui résume la campagne qui s'achève à Alger, c'est celui de «rejet». Comment se manifeste-t-il ' De plusieurs manières, parfois violentes : aux premiers jours de la campagne, plusieurs panneaux d'affichage, installés par les services de la voirie des APC, ont été mis à terre.A Sidi M'hamed, un jeune s'est fait connaître par un acte d'arrachage d'affiche qu'il a pris la peine de faire filmer à la rue Belouizdad, juste en face du ministère du Travail. Tarik Mameri, un jeune du quartier de Belouizdad, a fait un petit speech pour justifier son geste. Arrêté et retenu pendant quelques heures, il sera finalement relâché.
Une action en justice a été engagée contre lui par l'APC de Sidi M'hamed, qui s'est constituée partie civile.
Le geste de ce jeune de Belouizdad, qui a créé le buzz avec ses messages postés sur YouTube et sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter), s'est répété dans plusieurs autres quartiers de la capitale, où des panneaux et des affiches de candidats furent arrachés dès leur installation.
Des jeunes du quartier populaire de Belouizdad s'étonnent qu'on puisse poursuivre en justice Tarik Mameri, un jeune sans histoire. «Tarik n'a fait qu'arracher des plaques qu'il savait qu'elles seront aussitôt remplacées par les services de Mokhtar
Bourouina (P/APC de Sidi M'hamed, ndlr). Ce jeune s'en est expliqué sur YouTube : son geste ne nuisait à personne. D'ailleurs, il a pris le soin d'éloigner les plaques de la chaussée pour ne pas gêner la circulation. Ce jeune a exprimé un sentiment de colère partagé par beaucoup d'habitants du quartier, surtout les plus jeunes. Si ces pratiques de barbouzes se répètent, je ne donnerai pas cher des réformes promises par le raïs Bouteflika et ses nombreux thuriféraires. Ces élections seront boudées comme celles de 2007. La crise de la patate, provoquée ou pas, a éloigné les citoyens des partis», explique un quadragénaire, résidant à la rue Nacira Nounou à Belcourt.
Pour ce cadre d'une entreprise privée, les habitants n'ont pas été «séduits» par les partis politiques, même si lui-même reconnaît être un «sympathisant» d'un parti politique qui prend part aux élections. «Les jeunes ne croient plus en rien. Les députés de l'ancienne Assemblée n'ont rien fait pour eux. Il suffit de discuter avec eux pour constater qu'ils ont une piètre image des élus qu'ils assimilent à des corrompus, des débauchés et des fêtards. Les députés, qui ont vite fait de déserter l'hémicycle de Zighout Youcef, ont promis des permanences dans les quartiers qu'on ne voit nulle part. Cette Assemblée se contentait de voter, avec les deux mains, les projets du gouvernement. Quel sera le travail des futurs candidats, qui seront sûrement mal élus comme leurs prédécesseurs ' Quels projets comptent-ils concrétiser pour Alger ' Ont-ils parlé de son statut juridique, des projets de développement qui devraient la porter au rang de métropole ' Rien», lâche le quadragénaire qui affirme que chez lui, seule sa s'ur aînée compte se rendre aux urnes le 10 mai prochain.
La capitale est toujours connue pour son fort taux d'abstention. «A Alger, les gens ne votent pas. Les Algérois boudent toujours les urnes. Si de l'autre côté de la Méditerranée on parle d'aller pêcher à la ligne, chez nous on préfère faire la grasse matinée, ou carrément aller boire un thé ou un café avec les copains dans le café de la ''houma'' (quartier). L'Algérois préfère rester dans son quartier et causer avec les voisins, ou aller dans les quelques endroits encore ouverts aux familles, Bouchaoui ou autre», signale un résidant d'El Biar, quartier où le taux de participation n'a jamais été important. La campagne électorale n'a pas suscité un engouement chez les habitants.
Qu'attendent les Algérois des élections qui ne régleront pas leurs problèmes prioritaires (logement, emploi, sécurité) '
A part des interventions à la Télévision nationale, de nombreux candidats ne sont même pas allés à la rencontre de leurs électeurs dans les quartiers populaires. «Qui, parmi ces candidats se préoccupe de la situation dans la capitale ' Je n'en ai pas vu beaucoup, à part ceux du FFS qui ont pris la peine de distribuer des flyers à la placette d' El Kettani à Bab el Oued et ont discuté avec les passants», constate un sexagénaire rencontré sur la placette faisant face à l'hôtel Es Safir, où des panneaux d'affichage mal agencés bloquent l'horizon.


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