Alger - Revue de Presse

Le point de départ d'une dynamique



Lagrève initiée par la Coordination des syndicats autonomes a été inégalementsuivie dans les secteurs relevant de la fonction publique. Globalement, lemouvement de protestation fut loin d'avoir été «le raz de marée» dont a parléMeziane Meriane, le porte-parole de la Coordination.Maiss'il n'est pas parvenu à paralyser totalement la fonction publique et doncl'appareil d'Etat, il a incontestablement révélé que les syndicats autonomes bénéficientd'un ancrage et d'une audience parmi les salariés de la fonction publique toutaussi larges que ceux dont se prévaut la centrale UGTA.Ladémonstration de force voulue par les syndicats autonomes n'a pas eu l'ampleurrecherchée parce que, à notre sens, ces derniers n'ont pas effectué unvéritable travail de sensibilisation préparatoire au niveau de leurs basesrespectives. Leurs états-majors semblent s'être contentés de leur concertationau sommet à Alger, laissant le soin à leurs instances locales à travers leterritoire la tâche de cette délicate mission de motivation des troupes. Cedont certaines, pour diverses raisons, se sont mal acquittées. L'autre facteurqui a détourné une partie des fonctionnaires du mouvement de protestation,c'est celui des pressions directes ou indirectes exercées, avons-nous appris,par leurs tutelles administratives respectives.Pourautant, la journée de grève des syndicats autonomes est loin d'avoir été unéchec et les pouvoirs publics auraient tort de la considérer comme telle. Ellea en fait donné le coup d'envoi à une dynamique syndicale dont lesmanifestations futures finiront par avoir raison de la fausse paix socialeconcoctée sans tenir compte des réalités dans ce domaine entre le gouvernementet son syndicat maison, l'UGTA.Siles autorités tiennent à ce que s'instaure dans le pays une véritable paixsociale, elles doivent cesser d'être «autistes» à tout ce que ces syndicatsautonomes représentent et expriment. En tout cas, la journée de grève de mardileur a pleinement démontré qu'elles font fausse route en persistant à croireque le pays est à l'abri de la forte contestation sociale, à partir du momentoù il leur est toujours possible d'actionner l'UGTA en tant que pompier pourl'étouffer à chaque fois que nécessaire.Legarde-fou social qu'a pu représenter la vieille centrale fonctionne de moins enmoins efficacement, comme l'a prouvé la journée de grève du 15 janvier, danslaquelle il a été constaté que dans certains endroits, même des salariés encoreaffiliés à cette organisation ont tenu à manifester leur solidarité avec lecontenu du cahier de doléances porté par les syndicats autonomes, qui enobservant une heure d'arrêt de travail en signe de leur approbation, qui enrejoignant franchement et ouvertement le camp des grévistes malgré lesconsignes contraires de leur instance syndicale.Ilfaut espérer que la démonstration des syndicats autonomes ramène les pouvoirspublics à une attitude moins méprisante à leur égard et qu'ils prennent acte dela nécessité qui s'impose d'un syndicalisme en symbiose avec les attentes etles aspirations des salariés. Ce que l'UGTA a cessé d'être par opportunismeintéressé et courtisanerie.
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