Alger - Revue de Presse

Le point



Ce n’est plus du terrorisme, mais la guerre Quand en janvier de l’année en cours, le GSPC, qui n’avait pas encore changé officiellement de dénomination, a revendiqué son attentat criminel du 21 décembre précédent, avec deux bombes commandées à distance contre une vedette des garde-côtes dans le port de la ville de Dellys, il avait, avec une certaine arrogance, déclaré qu’il s’agissait d’une «première opération dans le genre». Devenu, depuis, Al-Qaïda Maghreb, il a récidivé, hier, dans la même ville contre le même corps mais, cette fois-ci, avec un kamikaze et contre la caserne où il a laissé sur le carreau près d’une centaine de victimes entre morts et blessés. Ajoutée à la centaine de l’avant-veille à Batna, la Martyre, soit près de deux cents victimes en moins de 48 heures dont au moins 50 morts, il ne s’agit plus d’actes terroristes destinés à «terrifier» pour imposer une politique, un projet ou une vision du monde, mais carrément une guerre atroce et à moindre frais pour lui. C’est le retour à pas de géants aux terribles années génocidaires du GIA. Cette fois, c’est carrément la guerre, qui plus est, est ancrée organiquement dans un redéploiement annoncée de la monstrueuse Al-Qaïda, avec tout cela, laissant pressentir et deviner le pire pour les semaines à venir. Il est temps de ne plus voir désormais l’ex-GSPC à travers la lucarne algérienne et de continuer de le considérer comme un ramassis d’«égarés» susceptibles d’être sensibles à un appel à la raison, au moins en ce qui concerne ses dirigeants qui ne reculent devant aucune ignominie à même de creuser jusqu’au plus profond l’Algérie dans l’âme de ses enfants. Encore quelques autres attentats du même genre —et il y en aura—, et tous les espoirs qu’un certain discours officiel a laissé poindre dans une opinion publique qui y a adhéré quand même mais sans vraiment trop y croire, seront irrévocablement balayés. Il est temps de biffer au moins les dirigeants centraux de l’ex-GSPC du tableau de la «réconciliation» et les déclarer des traîtres à la nation qui se sont mis au service d’une force étrangère monstrueuse appelée Al-Qaïda. Droukdel, en se mettant à la disposition de Ben Laden, en janvier dernier, lui, disait bien: «Nous attendons avec impatience tes orientations… Fais de nous ce que tu veux… Tranche et découpe dans nos corps… Jette nos dépouilles où tu veux… Tu ne trouveras en nous qu’obéissance et docilité.» Le GSPC d’aujourd’hui ne peut plus et ne doit pas être contré comme par le passé. Sinon ce sera l’hécatombe. Quitte à faire dans la paranoïa, il est salutaire et urgent de repenser la stratégie antiterroriste dans certaines régions en tirant les leçons de l’expérience des premières années de la décennie écoulée où les terroristes se chiffraient par dizaines de milliers et étaient dispersés dans tout le pays et non quelques centaines, comme aujourd’hui, limités dans une géographie restreinte. Réadapter la stratégie en fonction des nouvelles réalités devient une exigence. Sur le terrain, en matière de lois, en puisant dans les mécanismes que la Constitution autorise. Avant la prochaine fournée d’une autre centaine…
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