Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



La paix a des limites Si la Réconciliation nationale a été le meilleur des choix pour sortir le pays de la crise, et si cette stratégie de lutte contre le terrorisme a eu l’avantage de priver ceux désirant toujours en découdre avec l’Etat de soutiens et de couvertures politiques; il demeure que l’offre de paix commence à montrer des limites. Ce ne seront pas les quelques attentats qui ont secoué le pays, ici et là, qui saperont les fondements d’une démarche qui a toutes les chances -théoriquement- de rassembler, certes, mais force est de reconnaître que l’Algérie fait face à un terrorisme qui s’est adapté et a réussi à dépasser le contexte de Réconciliation nationale. Si la Réconciliation a eu un écho favorable dans les maquis, c’est parce que le projet s’est d’abord adressé à ceux qui ont été qualifiés d’égarés ou qui ont été contraints de retourner les armes contre leur pays. Un qualificatif qui s’applique à un grand nombre d’Algériens, victimes d’injustices et qui, n’ayant aucun moyen de recours, ont succombé à l’appel du «Djihad», l’idéologie en vogue qui avait réussi à mettre à nu les faiblesses criardes d’un Etat géré comme une propriété privée. De ce point de vue, la Réconciliation a eu le mérite de mettre le doigt sur la plaie et de rétablir des injustices, en dépit d’une campagne virulente pour y faire barrage. C’est justement dans cette force, nouvellement retrouvée de l’Etat que les groupes terroristes, qui ont rejeté l’offre, ont trouvé la parade. En se mettant sous l’aile d’Al-Qaïda -que ce ralliement soit un choix (de survie) propre au GSPC ou soufflé par des étrangers qui y ont grand intérêt- ils se ménagent une sortie qui, non seulement, les tire d’un isolement fatal, mais les place d’autorité sur le palier supérieur qui regroupe des internationalistes qu’on ne peut pas qualifier d’égarés. S’il est difficile d’attribuer l’attentat de Batna à Al-Qaïda, l’attaque qui a ciblé hier une unité des garde-côtes porte une signature indiscutable. Faut-il pour autant continuer à tendre la main à une organisation qui sème la mort à une offre pacifique? Car l’attaque de Dellys est une réponse claire à l’imposante opération militaire qui avait «décimé» les maquis en Kabylie après les attaques simultanées contre des commissariats et des brigades de gendarmerie à Boumerdès et à Tizi-Ouzou en février dernier. C’est pour prouver qu’ils conservent toutes leurs capacités de nuisance, que les terroristes ont choisi de frapper les militaires dans leurs fortifications. Le message est clair. Au-delà du choc provoqué par l’attentat de Batna et la réaction courageuse et spontanée des Batnéens qui ont investi les rues sans attendre de consignes pour exprimer leur colère, l’enseignement à tirer est que tous les Algériens doivent s’y mettre pour barrer la route à ce nouveau monstre enfanté par de puissants relais occidentaux qui entretiennent le mythe de Ben Laden. La paix ne peut plus être gérée uniquement par des discours et des assertions qui nous apprennent que «le terrorisme islamiste est en déclin en Algérie». Ce langage est la meilleure preuve, aux yeux de groupuscules résiduels mais qui continuent de faire des morts par dizaines, que l’Etat est en train de mendier et non imposer une paix. Ce qui les incite à répondre par des cadavres à chaque fois que l’offre de paix est évoquée.
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