Alger - Revue de Presse

Le point



Les bilans au quotidien Ce n’est pas encore une tradition que l’on fasse souvent une halte pour dresser son propre bilan. Celui-ci n’est fait en réalité ni par les partis dont on ne sait plus s’ils sont au pouvoir ou s’ils sont du pouvoir, ni par le pouvoir lui-même, c’est-à-dire le président et les ministres non partisans, ni par les partis de l’opposition pour ce qui concerne leur programme d’implantation ou leur capacité à influencer sur les orientations du pays. Ce n’est également pas une tradition que de faire son autocritique et de s’imputer des insuffisances relevées par les observateurs, par contre c’est une tradition que de s’adresser des satisfecit ou de se les faire adresser par ceux qui y trouvent un intérêt certain et qui font comme les pleureuses professionnelles ou les danseuses professionnelles, c’est-à-dire répondre à la demande. C’est devenu une tradition de présenter des bilans, bien sûr, toujours satisfaisants, que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition pour ce qui concerne ses propres activités. On ne verra pas l’opposition faire l’éloge du pouvoir ou le pouvoir reconnaître que l’opposition est le miroir qui lui renvoie ses propres erreurs.  Il n’y a aucune collaboration de part et d’autre de la ligne de fracture comme si les deux camps devraient se comporter en ennemis. Autour des enjeux de pouvoir, il y a des alliés et des ennemis qui ne se souhaitent pas bonne chance avant les élections et dont le clan vaincu ne félicite jamais le clan vainqueur. Bien au contraire, le vainqueur se félicite de la transparence et de l’honnêteté du scrutin alors que le vaincu en dénonce la fraude. Imaginons que l’opposition se voit conférer le droit de faire le bilan du pouvoir. A n’en pas douter, la note sera connue à l’avance, c’est-à-dire «zéro». Le bilan du pouvoir est, bien sûr, fait par le pouvoir et pas par une commission indépendante. Il serait utile de transposer le «bilan par les pairs» pour ce qui concerne les pays de l’Union Africaine vers le champ politique algérien où on verrait des leaders de partis, toutes catégories confondues, accepter de se faire évaluer par d’autres leaders de partis. Retenons d’abord que tous les partis, pratiquement, ne font pas d’évaluations internes de façon transparente. Ils ont tous subi ou failli subir des opérations de redressement et certains parmi eux ont préféré se délester des seconds couteaux qui seraient en mesure de créer des courants internes. Le FLN, par exemple, a-t-il réussi à refaire son unité interne dont la rupture a pratiquement été effective lors des dernières élections présidentielles? Il semble même que l’acharnement apporté par Belkhadem à imposer la révision de la constitution intègre dans ses composantes globales explicatives celle de mobiliser le parti sur un objectif extérieur, pour ne pas dire un ennemi extérieur, qui aidera à faire taire les divergences internes. Il est fort possible que les deux courants recensés au moment de l’élection présidentielle ne convergent pas sur la nécessité de gagner les futures élections législatives et locales. Une défaite serait à imputer à Belkhadem par opposition à la victoire de 2002, portée au crédit de Benflis. Par contre, une victoire renforcerait davantage Belkhadem et ses partisans.
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