L’aluminerie de Béni-Saf réceptionnée en 2012
L’auditorium du nouveau siège de la Sonatrach Aval d’Oran a été, hier, l’atrium où les responsables émiratis, d’Emal International, et algériens ont présenté le projet de ce qui est considéré comme l’un des plus gros investissements que connaît l’Algérie, à savoir l’Aluminerie de Béni-Saf dans la wilaya de Aïn Témouchent et dont le coût dépasse les 7 milliards de dollars US.En effet, les résultats de l’étude de pré-faisabilité, entreprise depuis 2005, sont fin prêts et seront présentés, aujourd’hui, a-t-on appris. Pour rappel, le capital de l’aluminerie de Béni-Saf est partagé entre le géant mondial de l’aluminium, les Emiratis Dubal et Mubadala réunis dans le consortium Emal International qui possède 70% des parts, et les mastodontes algériens Sonatrach-Sonelgaz qui se partagent les 30% restants. A priori, le coût financier global sera supporté par les banques algériennes qui, grâce à la conjoncture pétrolière, le prix élevé du baril, présentent beaucoup de liquidité et peuvent ainsi financer ce projet pharaonique.
Un groupe de travail a été installé dont l’objectif est d’utiliser uniquement l’argent algérien, dira un responsable de Sonatrach Aval. L’aluminerie de Béni-Saf sera la réplique de celle d’Etaouila -toujours sous l’égide de Dubal- des Emirats Arabes Unis (EAU) dont les travaux sont en cours d’achèvement.
D’une capacité de production de 700.000 tonnes/an, l’aluminerie de Béni-Saf vise les marchés nord-américains et surtout européens. Selon le pronostic des responsables du projet, l’usine sera opérationnelle dès 2012 et créera 2.500 emplois directs et 7.500 indirects. Des extensions sont également prévues ce qui peut créer encore 8.000 postes d’emplois directs et indirects.
Quant au chantier de construction, il nécessitera l’embauche de plus de 11.000 ouvriers. Par ailleurs, ce projet qui a suscité un refus initial auprès de la population est désormais accepté au regard des retombées importantes sur la région, dira le responsable algérien du projet, M. Houd, qui ajoute que «l’étude d’impact social et environnemental a été confiée au bureau d’études britannique, ERM, une firme importante et reconnue dans son domaine». Désormais, l’étude, entamée depuis août dernier, est à sa 3ème phase, celle de l’information et de consultation publique avec les parties prenantes, notamment les agriculteurs, les pêcheurs, les hommes d’affaires de la région, le milieu associatif, entre autres. L’assiette foncière choisie pour l’installation de cette méga-usine s’étend sur plus de 522 hectares dont 300 hectares étaient auparavant des terres agricoles. Enfin, le projet sera doté de plusieurs équipements, à savoir la centrale électrique d’une capacité de 2.200 mégawatts. Un port pour acheminer les matières premières, à l’instar de l’alumine, d’une capacité d’accueil de navires d’un tonnage de 65.000 tonnes avec une fréquence de 3 à 4 bateaux par semaine. Une station de dessalement d’eau de mer qui fournira 40.000 m3/jour dont 6.000 m3 seront consommés par l’aluminerie. Un agglomérat urbain de 2.500 logements plus les équipements nécessaires seront également créés à environ 12 kilomètres du site pour héberger les travailleurs.
Les dépenses d’une telle logistique seront, a priori, supportées par la wilaya de Aïn Témouchent. Concernant le volet écologique, les responsables algériens et étrangers ont déclaré que l’aluminerie ne génère pas de rejets liquides ou aériens néfastes à la faune et la flore locales. Concernant les déchets solides de l’usine, ils seront recyclés à 100%, tiennent-ils à rassurer.
Benachour Mohamed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com