
Oeuvres de Elsadig Mohamed AhmedIntitulée «Près d'ici», cette expo qui rassemble les oeuvres de 18 jeunes photographes originaires de 10 pays du Monde arabe, est visible jusqu'au 23 juillet.L'espace Sylabs n'a pas chômé durant ce mois de Ramadhan. Après deux soirées consacrées à la formation ludique à la photo, en collaboration avec le Goethe-Institut une exposition intitulée «Près d'ici» a été inaugurée la semaine dernière entre ses murs. Celle-ci présente des oeuvres photographiques de 18 jeunes photographes originaires de 10 pays du Monde arabe. Leurs travaux, note-t-on, ont été réalisés en 2013 et 2014 dans le cadre d'ateliers dirigés par des photographes professionnels allemands et arabes au Caire, à Casablanca, Alger, Tunis, Alexandrie, Beyrouth, Ramallah, Amman, Khartoum, Erbil et Dubaï. L'organisation de ces ateliers était assurée par les Instituts Goethe et de nombreux organismes-partenaires locaux. «Les jeunes photographes de cette exposition nous convient à un voyage au coeur de leurs lieux de vie, et nous font découvrir des approches et un usage très diversifiés de la photographie: d'un regard sobre qui enregistre les faits à un point de vue subjectif de documentariste, en passant par un retour biographique narratif.Les photographes présents à l'exposition et tous les participants aux ateliers sont au commencement de leur parcours. Nous espérons qu'ils poursuivront avec succès cette exploration du monde et de leur rapport au monde avec les moyens esthétiques de la photographie. Ils ont quelque chose à nous montrer que nous ne percevons pas toujours, et que nous ne sommes que partiellement en mesure de comprendre. Mais encourager ce mode de communication était et reste l'objet de ce projet», expliquent les organisateurs. Parmi eux, on citera notamment la jeune photographe égyptienne Nadia Mounier, qui a dans sa série «Consumership. Dans nos pays, nous ne vivons pas la vie, nous la consommons», analyse la situation paradoxale entre les sites urbains naturels abandonnés et l'inexorable expansion immobilière de la métropole. Ses photos témoignent en effet de ces constructions qui se font ça et là au milieu de vieilles cités. Né à Abidjan et vit et travaille à Marrakech, Boris Oue explique dans sa série «Oubli» que photographier des vieux bâtiments avait pour but plutôt de faire parler ces bâtiments et faire dire à leur architecture ce qu'ils étaient et révéler leur histoire passée. Pour sa part, Manar Moursi, né au Kuweit et vivant au Caire dans sa série intitulée «Parcs en état de siège» nous délivre des photos bien insolites de petits sites forains avec des manèges et des grandes roues qui sont pris en tenaille entre les passerelles, les entrées d'autoroute et les stations de métro. Histoire de dire que les espaces d'attractions existent bel et bien au Caire, même s'ils sont situés dans des espaces publics bien décalés, et informels. Le Libanais Marwan Tahtah témoigne des constructions de plus en plus nombreuses qui pullulent à Beyrouth, notamment depuis la fin de la guerre civile, des reconstructions sur les décombres et ce, sans aucun plan. Dans sa série «En bordure de Jérusalem», l'artiste Quais Assali, a pris en photo les barrières qui séparent Jérusalem de ses quartiers résidentiels arabes. Awal Haouati est algérienne. Elle a pour sa part, choisi de mettre en lumière des scènes où, la présence d'une personne, de sa famille, dans la maison de ses grands-parents, où elle se rendait une fois dans l'année, était suggérée. Une façon d'immortaliser le passage d'un être ou le sentiment d'un flottement. Exemple: un pantalon accroché sur un fil ou un matelas gisant sur le sol d'une terrasse. Elsadig Mohamed Ahmed du Soudan nous donne à voir les différents moments de fabrication de poteries en terre, malaxées à la main, avec des moyens rudimentaires, le tout plongé dans une pénombre crépusculaire comme une façon de suggérer la naissance d'un état: l'éveil à la liberté par la création même de ces objets. Le Tunisien Tarek Marzouki s'est attaché, quant à lui, à monter l'autre versant caché de la Médina de Tunis, marquée de déchets et d'objets abandonnés, à côté desquels l'on devine le passage des badauds, en toute indifférence. Né en irak, Gailan hadj Omar a choisi pour sa part, de nous plonger de plain-pied dans les camps des réfugiés syriens et nous décrire les conditions humanitaires de ces espaces, liées à l'hygiène, la santé. D'autres photos attireront votre attention assurément. Il est bon de signaler que cette exposition Près d'ici est visible jusqu'au 23 juillet.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com