
Le gouvernement français qui aurait été consulté, n'y a pas mis son veto, écrivait hier le quotidien Le Monde qui qualifie cette décision de «politiquement très sensible».L'affaire intervient à quelques quarante-huit heures de la célébration du 54ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. Hasard ou simple coïncidence' La question est posée. Ce qui est certain c'est qu'elle donne l'occasion de titiller la mémoire, de remuer l'histoire, de rouvrir des plaies pas encore cicatrisées ou encore d'exacerber des relations à peine apaisées. Elle intervient surtout au moment où l'Algérie fait face à une féroce crise financière provoquée par la dégringolade des prix du pétrole qui a sérieusement impacté sa trésorerie. Pour le pays qui tente de limiter la casse en tentant de réduire sa facture des importations qui s'élève à plus de 50 milliards de dollars. Un sou est un sou. Tout ce qui peut être épargné est le bienvenu. Dans un tel contexte l' «offensive» de Total est loin d'être sans arrière-pensée. Elle est tout simplement inamicale. L'action en justice intentée par le groupe pétrolier français contre l'Algérie a été en tout cas mûrement réfléchie. Elle a eu de surcroît la bénédiction des autorités françaises. Elle prend par conséquent un caractère politique attesté. Le doute est même levé si l'on se réfère aux commentaires du quotidien Le Monde «souvent considéré comme un bras armé de la diplomatie française, Total vient, en toute discrétion, d'engager un contentieux contre l'Algérie et sa compagnie pétrolière d'Etat, la Sonatrach.» peut-on lire sur le site du média parisien. De quoi s'agit-il exactement' «Le groupe français conteste la façon dont, au milieu des années 2000, l'Algérie a rétroactivement modifié à son avantage le partage des profits tirés du pétrole et du gaz.» rapporte le quotidien français. La pomme de discorde réside dans l'instauration de la «taxe sur les profits exceptionnels» réalisés par les compagnies étrangères instaurée en 2006. «Dès que le prix du baril dépasse 30 dollars, ce qui est largement le cas à l'époque, celles-ci doivent acquitter un impôt supplémentaire variant entre 5% et... 50% de la valeur de la production», rappelle le journal fondé par Hubert Beuve-Méry qui indique que «les compagnies refusent que ce changement se traduise par une modification unilatérale et rétroactive de leurs contrats. Selon elles, les documents signés avec la Sonatrach devaient leur assurer une stabilité fiscale. Le pétrolier national doit donc leur rembourser la taxe qu'elles ont acquittée.». C'est ainsi que Total décide dix ans plus tard de poursuivre l'Algérie en justice pour récupérer conjointement avec la société espagnole Repsol quelque 500 millions de dollars, selon la même source. Une broutille comparée au chiffre d'affaires de 165,357 milliards de dollars réalisés en 2015 par Total. La 5ème entreprise pétrolière d'Europe ne l'entend pas de cette oreille et a pris le risque de mettre de l'eau dans le gaz entre Paris et Alger. Est-ce un divorce annoncé' Côté français on écarte cette option. «Total est un investisseur important en Algérie et entend y poursuivre son développement», a souligné la compagnie française sollicitée pour commenter ce dossier rapporte Le Monde. Les malentendus cycliques entre l'Algérie et la France sont désormais un trait de caractère des relations qu'entretiennent les deux pays qui ont toujours réussi à surmonter leurs brouilles. Gageons que celle qui se profile ne sera pas totale.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed TOUATI
Source : www.lexpressiondz.com