Alger - Revue de Presse

Le ministre allemand de l'Environnement et de la Sécurité nucléaire: «Nous ne sommes pas là pour vous vendre de la technologie»



Le ministre allemand de l'Environnement, de la Protection de la Nature et de la Sécurité nucléaire, Sigmar Gabriel, a affirmé hier, que son pays n'est pas présent en Algérie pour vendre de la technologie, mais vise un « partenariat durable » en matière de ressources en eau. Intervenant à l'occasion d'un Forum sur « la coopération algéro-allemande dans le secteur de l'Eau», à l'hôtel El-Djazaïr (ex-Saint Georges), le ministre a assuré que le secret d'une coopération durable entre les deux pays réside dans la formation et le transfert du savoir-faire.

«Nous ne sommes pas là pour vous vendre de la technologie comme le font certaines entreprises, mais pour vous transmettre notre technologie », a-t-il déclaré en soulignant, devant un parterre d'hommes d'affaires et de responsables d'entreprises des deux pays, que c'est à partir de là que se construit une coopération durable. Il explique que l'intérêt commun réside aussi dans la création de structures durables en rappelant, par ailleurs, que le gaz et le pétrole dont regorge notre pays ne sont pas éternels, d'où la nécessité, dit-il, de penser dès aujourd'hui, à des sources d'energies alternatives, notamment l'énergie solaire, pour faire fonctionner les stations de dessalement d'eau de mer à titre d'exemple. Les changements climatiques, l'eau qui se fait de plus en plus rare dans certaines régions du globe et la population planétaire qui atteindra, en 2050, quelque 9 milliards de personnes sont autant de défis auxquels il faudrait absolument faire face. Le ministre allemand a révélé hier, que d'ici là, les investissements en matière d'eau dans le monde sont estimés à quelque 150 milliards de dollars.

Concernant les projets lancés ou en cours de lancement en Algérie par les Allemands, M Sigmar Gabriel a assuré que la crise financière mondiale, qui touche également l'Allemagne, ne va pas affecter les projets en question.

Il soulignera que son pays dispose de ressources nécessaires pour honorer ses engagements en rappelant, concernant le climat d'investissement en Algérie, que « la situation a énormément progressé et que le gouvernement algérien a beaucoup fait pour la sécurité du pays ».

Cependant, le ministre allemand a tenu à préciser que les entreprises privées de son pays aspirent à des « conditions cadres fiables » pour s'engager en Algérie.

En ce qui concerne une éventuelle coopération entre les deux pays en matière de nucléaire civil, le ministre est catégorique : « L'Etat allemand n'a pas cette intention », a-t-il déclaré.

Est-ce que le gaz algérien pourrait constituer une alternative dans le conflit qui oppose l'Ukraine et la Russie et qui a affecté l'approvisionnement d'une partie de l'Europe ? Là aussi le ministre allemand de l'Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire s'est montré prudent, en affirmant que l'Algérie a été évoquée, lors de la dernière réunion des ministres européens de l'Energie, seulement comme un « complément », mais pas comme une alternative au gaz russe. De son côté, le secrétaire général du ministère des Ressources en Eau, M Zidane, qui rappellera les innombrables projets réalisés en Algérie ces dernières années, notamment les barrages, a fait savoir que le marché algérien est ouvert à tout opérateur pour peu qu'il soit, dit-il, compétitif.

A noter que la rencontre d'hier, à laquelle ont participé plusieurs entreprises allemandes de renommée mondiale, est organisée par la Chambre algéro-allemande de Commerce et d'Industrie (AHK).


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