Intervenant, hier, lors d'une table ronde tenue au Forum d'El Moudjahid
sur la contribution du secteur privé dans la concrétisation des programmes
économiques, le directeur central de la banque Al Baraka Algérie et responsable
de la commission juridique à l'Association des banques et établissements
financiers (ABEF), M. Naceur Hideur, a indiqué que l'ABEF est actuellement en
négociations avec la Banque d'Algérie pour « dépénaliser les erreurs
professionnelles des banques liées à l'interprétation des textes et au manque
de certains documents administratifs relatifs à la gestion du commerce
extérieur » afin, dira-t-il, de transférer éventuellement à la Commission
bancaire les prérogatives de statuer sur cette catégorie de dossiers.
M. Hideur, cité par l'APS, a, d'autre part, mis en exergue la hausse
constante des crédits à la consommation, notamment pour l'achat de véhicules,
au détriment de ceux destinés au financement de l'investissement privé. Pour
limiter cette tendance, le même intervenant a indiqué qu'une série de mesures
on été prises par plusieurs banques. Il citera à titre d'exemple l'augmentation
du seuil du revenu minimum exigé aux demandeurs de crédit-véhicule.
Lors de cette table ronde qui a regroupé des experts, le problème de
financement du secteur privé a été une nouvelle fois évoqué par les présents.
M. Malek Serrai, expert dans les questions économiques, a soulevé le problème
des crédits bancaires pour souligner que la grande majorité des demandes de
crédits formulées par le secteur privé sont rejetées par les banques qui se
limitent à un rôle « de caisses de dépôt ». Selon le même expert, « cinq
grandes entreprises privées se sont accaparées ces dernières années de 25% des
crédits » destinés au secteur privé: il s'agit, préviendra-t-il, d'un chiffre
aussi important que dangereux car il met en cause la démocratisation des outils
de financement à l'économie.
Pour sa part, le président du Conseil national consultatif pour la
promotion des PME (CNC-PME), M. Zaïm Bensaci, a mis à profit cette opportunité
pour lancer un appel aux pouvoirs publics les exhortant à associer davantage
les entreprises privées algériennes dans la réalisation des projets économiques
nationaux. C'est à ce titre que l'intervenant a déploré le fait que les PME
algériennes ne fussent pas suffisamment impliquées dans la réalisation des
projets d'envergure. M. Bensaci rappellera dans ce contexte que les grandes
société nationales font rarement appel à l'entreprise privée algérienne
notamment pour les grands projets structurants publics tels que l'autoroute
Est-Ouest, ainsi que pour les marchés de sous-traitance, malgré les
potentialités existantes et les économies en devises qui pourraient être
réalisées.
Par ailleurs, M. Bensaci a fait savoir que le Conseil consultatif pour la
promotion des PME a récemment soumis au gouvernement une série de propositions
liées notamment aux questions financières, administratives et fiscales des
entreprises, et ce, dans le cadre de la mission du Conseil consistant à «
développer un tissu national d'industrie et de sous-traitance ». Abordant la
question de l'adhésion récente de l'Algérie à la Zone arabe de libre-échange
(ZALE), il a réitéré l'appel de la communauté d'affaires algérienne pour la
mise en place de normes de traçabilité liées aux règles d'origine des biens et
services produits par les pays arabes.
De son côté, le vice-président du Conseil national économique et social
(CNES), M. Mustapha Mekideche, a souligné qu'un secteur privé unifié et bien
organisé dans son action demeure la seule option pour faire face à une hausse
alarmante des importations alors que les exportations pourraient stagner, voire
baisser à partir de 2009.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel Belaïfa
Source : www.lequotidien-oran.com