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Le livre pour tousEdito : les autres articles



Le livre pour tousEdito : les autres articles
L'inauguration du Salon international du livre d'Alger (SILA) a été l'occasion pour le Premier ministre, M. Sellal, de promettre aux éditeurs nationaux que l'Etat allait les aider à exporter le livre. Une bonne nouvelle, en apparence. Encore faut-il que les pouvoirs publics puissent faire le maximum pour que le livre soit, comme on le dit pour les médicaments ou tout autre produit de première nécessité, plus accessible aux Algériens en aidant notamment la diffusion à travers le territoire et surtout en agissant sur les coûts d'impression qui rendent les ouvrages édités en Algérie inabordables. Leurs prix étant tout simplement trop élevés pour les étudiants, les enseignants, bref pour les modestes bourses.Pour ce qui est de la présence des livres algériens en dehors de nos frontières afin de faire connaître des auteurs du cru, il y a belle lurette que les «valeurs sûres» de la littérature, comme Yasmina Khadra, Ahlam Mosteghanemi ou Rachid Boudjedra sont édités par des maisons françaises ou arabes. Il serait donc plus juste de parler d'une présence somme toute symbolique à l'extérieur du livre algérien. Dans ces conditions, il risque d'arriver au livre les mêmes déboires que la presse algérienne lorsqu'elle a voulu être diffusée à l'étranger. Pour le cas El Watan, sa diffusion, notamment en France, a frôlé la barre des 10 000 exemplaires par jour pour dégringoler dix ans plus tard autour de quelques milliers, certes sous l'influence d'internet mais aussi par les dispositions de la loi qui oblige la Banque d'Algérie à convertir la totalité du produit des ventes à l'étranger en dinars, alors que les charges comme par exemple la récupération des invendus en plus de la diffusion sont déductibles en devises sur les ventes. Autant dire qu'il n'était plus commercialement intéressant d'exporter de grandes quantités et de se contenter d'une présence un peu plus que symbolique en France, notamment dans des concentrations urbaines où l'on compte une forte présence d'émigrés algériens. La vente également de services par internet, proposée par des quotidiens algériens, à l'instar de ce que font tous les médias à l'étranger, bute également sur les mêmes contraintes d'ordre financier relatives notamment aux moyens de paiement électronique internationaux vis-à-vis desquels les banques algériennes ne sont pour l'instant pas suffisamment équipées.
Pour en revenir au livre avant de songer à son exportation, il serait sans doute plus judicieux par une politique audacieuse envers non seulement les éditeurs, mais également en direction des imprimeurs et autres intervenants comme les diffuseurs ou même les libraires, de ne ménager aucun effort de l'Etat à travers des mesures incitatives afin de rendre enfin le livre plus accessible aux Algériens. Et que rien, ni la fiscalité ni le coût des intrants pour sa fabrication, ne décourage en définitive la lecture.
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