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«Le livre est onéreux et inaccessible à cause des surtaxations»



«Le livre est onéreux et inaccessible à cause des surtaxations»
Comment abordez-vous le Sila 2017 '
Le Sila 2016 a vu la participation de 450 maisons d'édition algériennes. Cette année, seulement 200. Voilà l'effet de cette austérité. Et les méfaits de ces coupes claires dans le budget de la culture. Même le budget du Sila a été revu à la baisse. 65% de réduction. Et puis, un Salon international d'une telle envergure vend des livres onéreux. Les augmentations et les surtaxations ne doivent pas concerner le livre, mais les produits de luxe. Le livre est d'une première nécessité, car vital. Ailleurs, le livre est exonéré de taxes. Car il y va du soutien et de l'encouragement à la lecture. Un droit civique.
Le livre est très cher et inaccessible en Algérie?
Le livre est plus qu'inaccessible. Il est en régression en Algérie. Cela est dû à sa mauvaise gestion dans la chaîne de la culture en général. A propos de la matière première du livre, les taxes sont de l'ordre de 33%. Et on ne dispose pas de librairies en grand nombre pour la vente à travers le pays. On ne dispose pas de véritables réseaux de distribution. Ajoutez à cela des augmentations au niveau de la matière première. Le kilo de papier est passé de 110 à 140 DA. Ce qui veut dire que le livre qui coûtait 500 DA, s'acquiert aujourd'hui à 800 DA. C'est le lecteur qu'on pénalise. Les centres universitaires, les directions de la culture n'encouragent pas les éditeurs locaux, nationaux. Au contraire, ces universités sollicitent plutôt les importateurs du livre. Ce qui veut dire qu'en 2018, 80% des éditeurs locaux vont cesser leur activité. Celle d'éditer des livres pour les Algériens.
Où réside le dysfonctionnement '
Le dysfonctionnement ' L'Etat algérien néglige l'industrie du livre. Certes, l'austérité est de mise, aucun problème. Mais est-il normal de réduire le budget du secteur de la culture de 65% ' «Cela veut dire que le peuple est trop cultivé. Alors il faut diminuer de la culture». Donc, d'après ce que je vois, pour ce gouvernement, la culture n'est pas une priorité pour le citoyen. Aussi, j'interpelle le Premier ministre. Qu'allez-vous faire avec la culture ' Adhérez-vous à ces coupes claires en matière de culture ' Comment expliquez-vous toutes ces contraintes, ces lourdeurs administratives, ces surtaxations '
Que revendiquez-vous '
En tant que syndicaliste des éditeurs du livre et issu de la société civile, il est de notre droit de nous inscrire en faux contre cette austérité frappant la culture et de revendiquer ce principe, ce texte portant sur la création figurant dans la Constitution exhorté par le président de la République. Un droit au savoir. Aussi, nous demandons l'exonération totale sur le livre. En plus de l'augmentation sur le papier. Si l'on veut soutenir la lecture au sein du peuple. Il faut nous encourager à exporter le livre à l'étranger. Nous avons adressé des correspondances à tous les décideurs.
En vain, aucune réponse sur ce chapitre. Il faut réduire le budget de l'Etat en matière de consommation du livre en Algérie environ de l'ordre de 60 millions de dollars. Nous proposons une ponction de cette manne pour l'achat des droits d'auteur, de traduction? Et on édite, imprime, publie, ici, en Algérie. Alors, nous encourageons nos écrivains, nos traducteurs, localement, et ce, en créant un gisement d'emplois. Et puis générer de la devise. Il faut prétendre et ambitionner réellement à la relance de l'industrie du livre.

L'ouverture de librairies et de bibliothèques demeure une urgence?
Pour vous dire, il y a environ une année, le ministre de l'Intérieur s'était réuni avec tous les walis du pays pour les exhorter à exploiter les locaux des anciennes galeries, Districh? pour abriter des librairies. Par exemple, ici à Alger-Centre, il y a des locaux vides. Malheureusement, ils ont été utilisés pour ouvrir? un restaurant. Pas de libraires ni de promotion du livre et de la lecture.
Les élections municipales approchent, que recommandez-vous aux futurs élus '
Le Syndicat national des éditeurs du livre (SNEL) avait déjà envoyé une lettre au Parlement pour inclure la question de la culture et notamment la promotion du livre dans leurs discours. Et là, nous allons interpeller les candidats aux élections communales à travers un communiqué quant à intégrer la culture, l'ouverture d'espaces pour lire, les librairies et les bibliothèques dans leurs programmes. Et surtout pas de discours creux, vides? Nous n'avons pas besoin de maires qui n'aiment que les enfants. Les étudiants, la population locale, qui les ont élus, lisent.
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