«L’Algérie choisit l’armement et l’agression»
Abbas El-Fassi, le SG du parti Istiklal, un parti très proche du Palais royal puisqu’il fait partie de la Koutla, un conglomérat de partis politiques qui soutient la démarche du roi Mohamed VI vient de commettre un «grave impair diplomatique» envers l’Algérie sans qu’il soit remis à l’ordre par les hautes autorités marocaines.
Dans un entretien publié par le quotidien «Aujourd’hui le Maroc» dans son édition du 27 juillet dernier, le sieur Abbas El-Fassi fait observer, sans trop faire usage du respect d’autrui, que «l’Algérie choisit l’armement et l’agression alors que le Maroc choisit l’édification et la civilisation». Ce politicien, à l’observation avérée, a pris le soin de ne pas trop s’impliquer dans cette analyse en entamant sa diatribe par «les observateurs notent que...» laissant ainsi la responsabilité des propos à d’hypothétiques observateurs. Pourtant, le bon sens aurait conduit cet homme politique à plus de discernement et au respect d’usage envers le peuple algérien et ses dirigeants politiques qui ne se sont jamais permis d’agresser verbalement un pays voisin auquel beaucoup de choses nous rattachent. Ce dérapage verbal de Abbas El-Fassi, qui n’a rien à voir avec l’illustre opposant au colonialisme français, Allal El-Fassi, n’est pas le premier du genre. Trop de diplomates et hommes politiques marocains se sont essayés à ces diatribes, dépassant parfois même les limites de la correction diplomatique. Que faut-il en déduire si ce n’est une haine farouche qui anime ces personnages contre un peuple qui a lutté énergiquement et durant 7 ans contre l’occupant français au moment où le protectorat marocain bénéficiait, en avril 1956, d’une indépendance sur le dos de l’Algérie qui était en proie à une guerre sans merci de la part de l’armée française. Cet homme politique le reconnaît, d’ailleurs, lorsqu’il déclare dans le même entretien: «Nos négociateurs, patriotes et de bonne foi, ont choisi la politique des étapes, sauf Allal El-Fassi qui a refusé Aix-Les-Bains et qui a dit que nous avions une armée de libération et qu’il fallait continuer la lutte pendant deux ans, vu que la France ne pouvait pas affronter le Maroc, l’Algérie et la Tunisie réunis». Dans ce même entretien, le SG de l’Istiklal ajoutera une autre provocation en direction de l’Algérie en affirmant au sujet de Tindouf que le Maroc continue toujours de revendiquer comme partie intégrante du territoire marocain: «Je dirai tout d’abord que lorsqu’on est allés négocier avec la France, on n’a pas demandé à Paris quels étaient les territoires qui étaient concernés par les négociations. On n’a pas posé cette question et donc on n’a pas négocié Tindouf qui était territoire marocain». Au sujet du Sahara occidental, le leader de cette formation politique ne fait pas dans la dentelle. Selon lui, «le fait que la communauté internationale renvoie le dossier, chaque année pendant trente ans, est un point positif pour le Maroc» avant d’ajouter que l’ONU (qui) règle beaucoup de dossiers en une ou deux années «montre le respect que cette organisation a pour le Maroc». Son analyse du dossier, Abbas El-Fassi le résume à ceci: «Maintenant, on nous a dit de choisir un compromis, ni vainqueurs, ni vaincus. C’est ce que nous faisons et c’est une sortie honorable pour l’Algérie». Sans commentaires.
Par Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com