Maintenir le prixdu sachet de lait pasteurisé à 25 dinars est devenu pour l'Etat un véritableengagement. Mais la réalité du terrain semble toutefois contredire cettevolonté affichée par les pouvoirs publics.La crise survenuedepuis plusieurs semaines autour de ce produit de première nécessité semble eneffet perdurer dans le temps. Sur la place d'Oran, le consommateur paieactuellement le sachet de lait pasteurisé entre 27 et 28 dinars, selon lesquartiers et les commerçants. Pourtant, le prix public du sachet de laitpasteurisé d'un litre est toujours à 25 dinars, grâce à une subvention de 15dinars par litre que l'Etat s'est engagé à accorder, avec effet rétroactif, auxproducteurs.Dans uncommuniqué rendu public lundi dernier, le ministère du Commerce avait en effetindiqué qu'»en attendant l'importation de la poudre de lait par la sociétéMilkTrade et l'approvisionnement des producteurs, prévu à compter de juinprochain, le ministère du Commerce informe les producteurs de lait de ladécision des pouvoirs publics de leur octroyer une subvention de 15 dinars parlitre effectivement produit en vue de compenser la différence entre le coût derevient et le prix de vente, et ce à compter du mois de mars dernier». Il devient dèslors légitime pour le consommateur de s'interroger sur les raisons quijustifieraient le prix actuel supérieur à celui fixé par l'Etat. Certainscommerçants expliquent ce «dépassement» du prix public par le fait qu'ilspayent le produit aux distributeurs à 24,50 dinars le sachet. Pour eux, lesprix pratiqués actuellement ne font que refléter ce prix d'achat. On avancemême l'argument des frais de transport qui viennent se greffer au prix devente. D'autres soutiennent, en revanche, qu'il s'agit là uniquement desconséquences d'une crise qui n'a que trop duré, mais qui finiront par sedissiper une fois le marché complètement stabilisé. «Le marché n'est pas encorerégulièrement alimenté. Mais une fois qu'il y aura reprise complète de laproduction, cela va indéniablement se répercuter positivement sur les prix»,indiquent-ils. Lesconsommateurs, particulièrement ceux à revenus modestes, ne l'entendent pas dela même oreille. Pour eux, pour qu'il y ait respect du prix public, il faudraitplus d'engagement de la part des services chargés du contrôle des prix, fautede quoi, le marché aura toute la liberté de fixer ses propres prix. «Même avantcette crise, le prix du sachet du lait pasteurisé se vendait au-dessus de labarre des 25 dinars. Je ne vois pas pourquoi maintenant les commerçantss'aligneraient sur le prix public s'il n'y pas quelqu'un qui veille au respectdes décisions de l'Etat», affirme un père de famille oranais. Pour rappel,cette crise du lait est née il y a quelques semaines, lorsque les producteursde lait pasteurisé en sachet se sont mis à revendiquer, face à une forteaugmentation des cours de la poudre de lait importée, l'alignement du prix devente public (25 dinars/litre) sur les coûts réels (environ 40 dinars, seloneux) ou bien un relèvement de la subvention de l'Etat à hauteur des chargessupplémentaires consenties. L'absence d'uneréaction rapide des autorités a amené les représentants de la filière à stopperla production, une première fois début avril, pour la reprendre un peu plustard après avoir obtenu des assurances que la différence de prix sera prise encharge par l'Etat et que la poudre de lait sera importée par un office publicet distribuée «équitablement» entre les transformateurs publics et privés. Les laitiersprivés ont arrêté de nouveau toute production il y a une dizaine de jours,incitant le ministère du Commerce à réagir par un communiqué pour assurer qu'ils'en tenait strictement à ses engagements en vue d'une indemnisation desproducteurs, en attendant de leur fournir la matière première à un prixsubventionné dès juin prochain. Le ministère avait justifié le retard dans laconduite de l'opération d'indemnisation par «les délais nécessaires à la miseen place de mécanismes adéquats, en coordination avec les parties concernées,d'autant plus qu'il s'agit de mobilisation de fonds publics dans une situationexceptionnelle».Mais lundidernier, la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA) avaitannoncé, dans un communiqué, que le mécanisme de prise en charge par l'Etat dela différence entre le prix de revient et le prix de vente du sachet de laitpasteurisé a été «approuvé» par les ministères concernés et les producteurs, eta appelé en conséquence à la reprise de la production.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : HBarti
Source : www.lequotidien-oran.com