Alger - Revue de Presse

Le kamikaze identifié



Le kamikaze identifié Le 24 mai dernier, l’Organisation dite Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique - comme se revendique être devenu par la dénomination l’ex-GSPC depuis le début de l’année en cours-, a diffusé un communiqué dans lequel elle s’en prenait directement au président de la République, l’interpellant par son nom. Contrairement à ses usages, l’organisation terroriste n’a pas rendu public ce communiqué à travers ses canaux habituels, notamment l’Internet, mais s’est contenté de le transmettre à un nombre restreint de journaux algériens. Et jusqu’à ce jour, il n’est toujours pas question de lui dans les forums islamistes où généralement ce genre de messages fait couler beaucoup d’encre. Les journaux qui l’ont reçu ne lui ont pas donné une importance outre mesure, quand ils en ont parlé. D’autant qu’il était signé au nom d’une énigmatique et inconnue «katibat El-Mouhadjirine» par un curieux «Abou Hafs Abdelwadoud» dont personne n’a entendu parlé, affirmant être basé en «Europe» et appartenant à l’ex-GSPC. Ce dernier, habituellement prompt à démentir la moindre parole ou geste qui lui est attribué à tort, n’a pas soufflé le moindre mot, confirmant ainsi cette filialisation. Le texte en question s’est permis de donner «60 jours de délais» au président de la République «pour démissionner de son poste après avoir éliminé les pôles de l’apostasie, la restitution des biens du peuple au peuple et la mise d’un terme à ses souffrances». Dans le même communiqué, l’organisation terroriste recommande à ses «frères musulmans de s’éloigner le plus possible du cortège présidentiel et de ne pas s’exposer aux bombes dans les lieux où il (le Président, qualifié d’apostat) se trouve ou il est de passage». Que ce soit cette «katibat El-Mouhadjirine» officiellement basée à l’étranger (en «Europe») qui a revendiqué par anticipation un acte terroriste contre le chef de l’Etat et les foules se trouvant sur son passage, ou le GSPC dans sa version Al-Qaïda qui, elle-même, est étrangère à l’Algérie, le ministre de l’Intérieur autant que Bouteflika ont raison de confirmer, dans leurs déclarations respectives, qu’il s’agit bien d’une interférence étrangère qui est derrière l’attentat de jeudi dernier à Batna. Les dernières nouvelles font état de l’identification du kamikaze comme étant un certain Abou Mokdad, âgé de 28 ans et originaire de l’Ouest où il a rejoint les partisans de la destruction de l’Algérie et son peuple, avant de se déplacer dans l’Est du pays depuis quelque trois ans et finalement se mettre à la disposition de ceux que rien ne satisferait plus que de voir l’Algérie à feu et à sang. Toujours est-il que deux points sont à retenir de cet attentat abject. D’une part, l’organisation criminelle ne compte pas de «frères» en Algérie. Les habitants de Batna sont sortis en masse acclamer leur Président comme ce fut le cas la veille à Jijel et le mois précédent à Mostaganem et Oran et comme ce sera le cas dans les mois à venir dans n’importe quelle autre région du pays. D’autre part, le désir de paix et de stabilité pour le pays, exprimé dans la conjoncture actuelle à travers les mécanismes, même s’ils ne sont pas parfaits, de la «réconciliation nationale» est une option stratégique pour toute la nation. Ceux qui n’y adhèrent pas en recourant à toutes les formes du terrorisme sous prétexte de religion n’ont rien à voir avec l’Islam. S’ils s’en revendiquent, il ne s’agit pas d’un Islam de l’Algérie. Le Président l’a dit.
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