«Pas sérieux !» C'est en ces termes que le directeur de la santé et de la réforme hospitalière qualifie la décision prise en conseil interministériel consistant à mettre en vente des formes sèches des médicaments destinés aux malades atteints de cancer. Pour les morphiniques, ministères de la santé et de la Sécurité sociale continuent de discuter des modalités de mise en vente en officines, deux mois après les directives du Premier ministre.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Les décisions prises en novembre avaient un caractère urgent. Le ministère de la Santé s'était empressé d'annoncer que désormais les médicaments de formes sèches seraient en vente dans les pharmacies et remboursés par la Sécurité sociale. Hier, le directeur de la santé et de la réforme hospitalière laissait entendre sur les ondes de la Chaîne III que finalement cette option n'était nullement sérieuse. Le professeur Abid, invité de la rédaction de la Chaîne III, expliquait qu'il ne serait pas «sérieux» de mettre en vente des médicaments onéreux qui ne seraient accessibles qu'à une faible proportion de la population. «Qui peut acheter un médicament qui coûte des millions de dinars '» s'est-il exclamé ajoutant que même en étant assurés d'être remboursés sous 21 jours, très peu d'Algériens pourraient les acquérir. Pour le professeur Abid, ce qui compte, c'est la disponibilité des médicaments et non pas leur localisation. Les malades atteints de cancer n'auront donc pas d'autres recours que de récupérer les médicaments au niveau des structures hospitalières, tant pis s'il faut faire des kilomètres. Seuls les anti-douleurs seront disponibles en officines. Et là encore, rien n'a encore été tranché. Le ministère de la Santé et celui de la Sécurité sociale continuent de discuter. Au cœur de ces discussions, la question de savoir si les morphiniques seront disponibles au niveau des pharmacies d'officine ou les pharmacies privées. Ce qui semble sûr, cependant, c'est qu'au moins, une pharmacie par commune commercialisera les anti-douleurs à travers l'ensemble du territoire. En matière de radiothérapie, le directeur de la santé et de la réforme reconnaît de gros problèmes, notamment en matière de rendez-vous qui ne sont disponibles, à titre d'exemple, qu'à l'horizon 2014 au CPMC. Commentant la proposition faite par le professeur Bouzid, le responsable au ministère de la Santé dira, une fois de plus, que «ce n'est pas sérieux !» Il considère cette proposition irréalisable car il dit ne pas imaginer envoyer des charters de malades au Maroc ou en Tunisie pour «faire rentabiliser» des centres de radiothérapie qui ne reçoivent pas assez de malades. La solution, dit-il, il faut la trouver au niveau national. Comment ' En multipliant les centres de radiothérapie à travers le territoire national. Le processus d'acquisition d'accélérateurs est en cours. Il reconnaît qu'il est long puisque les accélérateurs en question ne sont construits qu'après avoir passé commande. La solution «locale», ce n'est donc pas pour tout de suite…
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com