
Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, le gouvernement algérien a accordé la priorité au traitement de la question de la sécurité alimentaire, considérant qu'elle constitue un élément essentiel de sa sécurité nationale. Dans cette perspective, les pouvoirs publics ont mis en ?uvre un ambitieux programme de développement agricole et rural. Dès lors, une série de mesures - techniques, organisationnelles, financières et économiques- ont été adoptées et mises en ?uvre à partir du 1er trimestre 2009. Ces dernières offrent aux exploitantsagricoles et aux opérateurs économiques un cadre d'incitation stable et un environnement favorable à la modernisation et à la croissance des investissements dans les différentes filières de production agricole ciblées, et au développement des territoires ruraux.Pour concrétiser les objectifs inscrits dans le cadre de cette politique, uneenveloppe budgétaire de 200 milliards de dinars par an, durant cinq ans, a été allouée au secteur de l'agriculture et du développement rural. à ce propos, ilfaut souligner que la dotation financière qu'accorde l'Etat au secteur dans le cadre du plan quinquennal (2010 - 2014) est des plus conséquentes. Le budget est réparti, selon le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, par ordre de priorité. Ainsi, 130 milliards de dinars par année sont réservés à l'intensification de la production agricole, 60 milliards de dinars par année pour le soutien au développement rural. 24 milliards de dinars sont par ailleurs accordés au renforcement des capacités humaines et techniques dans les différentes filières, l'objectif étant de constituer une force productive qui pourra contribuer de manière significative à la croissance économique et au relèvement du niveau de la sécurité alimentaire du pays.Les mesures prises se sont traduites par le lancement de plusieurs projets,dont la signature et la mise en ?uvre des contrats de performance avec laparticipation et la mobilisation de l'ensemble des acteurs (agriculteurs et éleveurs, agro-industriels et opérateurs économiques, institutions professionnelles et interprofessionnelles, collectivités locales et élus...). En appui aux contrats de performance, et afin d'assurer une mobilisation de tous les acteurs et une intégration plus efficiente, l'approche filière a été consacrée et mise en ?uvre à travers des organisations professionnelles et interprofessionnelles adaptées, mobilisées autour de la mise en ?uvre des programmes d'intensification des céréales, des légumes secs, du lait, des huiles, des viandes, de la pomme de terre, de la tomate industrielle et des dattes. Autant de chantiers qui ont vite enregistré des résultats sur le terrain. La croissance de la production agricole, qui a atteint 13,8% au cours des quatre années de mise en ?uvre de la Politique de renouveau agricole et rural (2009-2012), a ainsi été supérieure à l'objectif initial qui s'élevait à 8,3%. Toujours à propos des retombées de la stratégie adoptée, la production totale, en valeur, est passée de près de 500 milliards de dinars en 2001 à1 600 milliards de dinars en 2011, pour atteindre 2 223 milliards de dinars en 2012, soit 29,3 milliards de dollars. Dernière évaluation, celle de 2013, les services statistiques du ministère de l'Agriculture révèlent que la valeur de la production agricole pour la campagne 2012-2013 a été de 2 521,5 milliardsde dinars. En résumé, la valeur de la production agricole n'a cessé de grimper entre 2009 et 2013.Avec ce constat chiffré on peut conclure que les milliards de dinars investis dans le secteur depuis 2009 ont eu pour effet d'augmenter la production en quantité et en valeur financière.Mais pour l'ancien ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, les investissements consentis dans le secteur de l'agriculture et du développement rural grâce aux 200 milliards de dinars accordés par l'Etat n'ont pas profité aux agriculteurs. M. Benachenhou, qui est également professeur en économie, l'a démontré lors d'une conférence-débat organisée mercredi dernier par leForum des chefs d'entreprises (FCE) à l'hôtel Sofitel d'Alger sur le thème : «L'entreprise algérienne face à l'économie internationale». Il a en effet expliqué : «La valeur ajoutée fruit des investissements poursuivis dans lesecteur a en fait été captée par ceux qui commercialisent la production végétale ou animale et non pas ceux qui la produise.» «Les investissements consentis n'ont pas profité aux agriculteurs», conclura-t-il. Pour mettre fin à ces dérives, le conférencier recommande la mise en place d'un département ministériel englobant l'agriculture et le commerce. Et de conclure en se posant une question : «Pour combien d'années encore l'Etat va-t -il pouvoir continuerà renflouer le secteur à coups de milliards de dinars ' On le saura peut-être à la fin du plan quinquennal 2010-2014.»Z. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ziad Abdelhadi
Source : www.latribune-online.com