L’Algérie se tourne vers les travailleurs étrangers
Compte tenu des besoins énormes en emplois qualifiés, notamment dans le BTP, l’Algérie qui a entamé des chantiers titanesques dans les 48 wilayas de son territoire, pour rattraper les retards de son développement, a ouvert le secteur du bâtiment et des travaux publics à la main d’œuvre étrangère.
Saïd Anane, directeur général de l’Emploi au département de Ould Abbès, est très clair là-dessus, quand il fait savoir qu’en cette phase transitoire caractérisée par une inadéquation et un déséquilibre entre l’offre et la demande en matière de qualification, les entrepreneurs sont autorisés à faire venir des travailleurs étrangers, en majorité des Asiatiques pour réaliser, selon lui, les logements et notre autoroute. Seulement, les employeurs sont tenus, a-t-il expliqué, selon la réglementation en vigueur, à savoir le décret présidentiel relatif aux visas et la loi 81/10 de travail, de déclarer leurs employés ayant un permis de travail à la sécurité sociale et de rapatrier à leurs frais ces travailleurs étrangers dans leurs pays d’origine, lorsque le contrat de travail expire et n’est pas prorogé. Par ailleurs, dans son évaluation globale de l’année 2005, en attendant l’actualisation de son bilan, le même intervenant estime que le nombre de permis de travail délivrés aux étrangers par ses services à travers les wilayas du pays est de l’ordre de 18.291.
Avec le lancement du mégaprojet, à savoir l’autoroute Est-ouest, le premier responsable du département de l’Emploi a soutenu avoir instruit pour l’anticipation quant à l’utilisation de la main d’œuvre étrangère pour l’ouverture des chantiers. En outre, le ministre des Travaux publics, s’est–il défendu, avait lui aussi signalé, en ce sens, l’utilité de la main d’œuvre étrangère dans la mesure où il y avait, selon lui, un gain de pratiquement 4 mois sur les délais. En effet, les services du ministère de la Solidarité et de l’Emploi sont arrivés, dans le cadre de l’autoroute Est-ouest, en concertation avec le consortium japonais Kojal, au niveau du lot Est, à faire travailler un total de 28.195 travailleurs dont plus de 19.000 nationaux et plus de 8.000 étrangers sur un linéaire de 399 km, soit un taux de 31% de la main d’œuvre étrangère mobilisable sur ce tronçon.
Par contre, au niveau du groupement Chinois CITIC/CRCC qui assure le lot centre long de 169 km et ouest avec 359 km, le département de l’Emploi a identifié jusqu’à aujourd’hui plus de 48.000 travailleurs dont plus de 13.000 sont des étrangers. Du coup, on s’interroge si cette généralisation du recours à la main d’œuvre étrangère ne va pas accentuer le chômage des nationaux au moment où l’on parle de la mise en place d’une véritable politique de l’emploi. A cette inquiétude, somme toute légitime, l’adjoint du ministre de l’Emploi et de la Solidarité, au cours de cette émission de la Chaîne III, rassure. «Il n’est pas question de brader notre main d’œuvre locale». L’Algérie a, d’après lui, pris les devants pour former dans les filières déficitaires. Le ministre de la Formation professionnelle a, d’ailleurs, pris à bras le corps ce problème particulièrement dans les qualifications de base à savoir le bâtiment et les travaux publics. Pour Anane Saïd, il s’agit plutôt d’une régulation des flux de la main d’œuvre étrangère en fonction des besoins de l’Algérie en développement, notamment dans le BTP. Et ceci, pour atteindre dans les meilleurs délais et selon les normes internationales les objectifs quinquennaux et les multiples défis fixés que ce soit dans le domaine de l’hydraulique, du logement, des routes etc.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com