«Certains pays arabes sont lâches»
Considérant que l’agression israélienne contre le Liban constitue un crime contre l’humanité, l’ancien bâtonnier Amar Bentoumi est monté hier au créneau lors d’une conférence de presse organisée sous l’égide de l’Union nationale des barreaux d’Algérie et au cours de laquelle il a asséné plusieurs vérités…
«Il s’agit en fait d’une agression planifiée contre le peuple libanais et sa résistance, le Hezbollah.» Dans un véritable plaidoyer, l’ancien ministre de la Justice a soutenu que le Hezbollah a pu toucher Israël au cœur et que, malgré toutes les technologies que les Juifs possèdent, ils n’ont pas pu brouiller la télévision du Hezbollah El Manar qui continue d’émettre. Le conférencier est revenu sur les dernières manœuvres du Conseil de sécurité pour fustiger sa politique du deux poids deux mesures. «L’objectif du Conseil de sécurité, sous la coupe des Etats-Unis, est d’envoyer une force internationale au Sud du Liban pour désarmer progressivement le Hezbollah, notamment après l’échec avéré de l’armée israélienne depuis 27 jours de durs combats», a-t-il souligné.
Par ailleurs, Me Bentoumi a descendu en flammes certains régimes arabes pour leur silence, et qu’il accuse de complicité. «Comment ne pas réagir à cette lâcheté et cette impuissance affichée par ces pays alors qu’on leur demande une seule chose: faire comme le Venezuela qui a retiré sa représentation diplomatique de Tel-Aviv», s’est-il indigné. «Même lors de la dernière réunion en Malaisie sur le Liban, seulement 17 pays musulmans sur les 57 pays membres de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) ont fait acte de présence au plus haut niveau», rappellera-t-il. C’est dire si les dissensions et les intentions inavouées de la majorité des pays arabes et musulmans face à cette agression sont nombreuses. La position algérienne est, selon le bâtonnier, la moins mauvaise de toutes.
De son côté, Me Miloud Brahimi est allé plus loin dans son réquisitoire pour transmettre un message aux Américains qui ont cautionné, selon lui, la destruction de tout un peuple au nom des «valeurs démocratiques». «L’image de Bush, dira-t-il, est devenue rigoureusement identique à celle de Ben Laden, et l’image de ce grand pays que sont les Etats-Unis d’Amérique est rigoureusement symétrique à celle d’El Qaïda. Les pères fondateurs des USA ont certes instauré une démocratie depuis 1776, avantageuse pour les Blancs mais génocidaire pour les Indiens et esclavagiste pour les Noirs.» Concernant la froide position de la majorité des pays arabes, Me Brahimi a fait savoir que, «qu’on le veuille ou non, les démocraties sont des Etats forts par leur peuple, à l’instar de pays comme Israël, et que les pays arabes sont des Etats non démocratiques, donc faibles et soumis constamment à des pressions internes.» Il a appelé ces pays à se réveiller de leur torpeur et à se mettre aux exigences de la modernité. Au sujet de l’interdiction des marches et autres manifestations dans les rues algériennes, qui a un peu freiné l’élan de solidarité avec nos frères libanais, Me Bentoumi et Me Brahimi ont été évasifs. «Comme toutes les organisations syndicales et associations de la société civile, nous sommes tenus de nous conformer à la loi», ont-ils fait remarquer. Sur le silence complice des ONG à l’égard de l’agression israélienne contre le Liban, et qui ont par le passé mené des campagnes insidieuses contre l’Algérie, Me Brahimi a été catégorique: «L’organisation comme la FIDH, qui existe depuis 1936, n’a jamais exprimé son indignation contre les tortionnaires français durant la colonisation de notre pays et toutes les barbaries qui y ont été commises. Seule, Human Right Watch (HRW) a affiché une position un peu correcte.» Sans omettre qu’»Israël, rappelle-t-il, a des prolongements en Europe et aux Etats-Unis et travaille étroitement avec les démocrates de tous bords.» A une question relative aux peines juridiques qui pourraient viser les généraux israéliens, sous les chefs d’inculpation de crime de guerre et de crime contre l’humanité, Me Miloud Brahimi, expert en jurisprudence, a avoué que la majorité des pays arabes n’ont pas adhéré à la Cour pénale internationale (CPI) dont le siège est à la Haye, et que seule la Jordanie a ratifiée. Des pays arabes, dont Bahreïn, Qatar et Dubaï, signalera-t-il, ont même constitué un front uni avec Israël et les Etats-Unis pour s’opposer et rejeter l’existence même de cette instance.
A. Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com