
Après s'en être accommodés, les Français, tout comme les Américains et les patrons algériens, estiment nécessaires de revoir la règle 51/49 pour booster l'investissement étranger en Algérie.Une autre note vient s'ajouter à la partition contre la règle 49/51 régissant les investissements étrangers en Algérie et introduite par le gouvernement en 2009 : après les Américains, ce sont les Français, qui se sont pourtant bien accommodés jusque-là de cette règle, lesquels suggèrent qu'elle constitue un obstacle majeur à l'investissement et dissuadent les potentiels investisseurs. "La question de la règle 49/51 se pose", a affirmé, hier, lors d'une conférence de presse, à l'aéroport d'Alger, le président du Sénat français, Gérard Larcher, peu avant son départ à l'issue d'un séjour de deux jours."J'ai rencontré des chefs d'entreprise français qui m'ont exprimé clairement leur volonté de poursuivre leurs investissements en Algérie. Ils ont exprimé un certain nombre d'interrogations sur le secteur automobile, agroalimentaire, électrique, des services, et je dois dire que la question de la règle 49/51 se pose", a-t-il avoué dans des propos aux relents diplomatiques, sans doute pour perpétuer la "lune de miel" entre Alger et Paris, dont les relations se sont considérablement apaisées depuis l'arrivée de François Hollande àl'Elysée.Dans un effort didactique, le responsable français, dont les propos ont été rapportés par TSA, a expliqué que cette question "se pose parce que quand on est des partenaires pour longtemps, c'est aussi amener des sous-traitants. Et que ce qui peut être compris par une très grande entreprise du CAC 40 est plus difficile à faire comprendre à une entreprise de taille intermédiaire ou petiteentreprise". "C'est difficile de comprendre et de faire comprendre à une entreprise familiale cette dimension-là. (...) Il y a une réflexion à conduire" sur cette question, estime-t-il. Il faut dire que cette question a été déjà soulevée par les Américains.Dans un blog publié en juin dernier sur la page de l'ambassade américaine à Alger, en pleine Foire internationale, Christopher Wilken, responsable par intérim de la section commerciale, avait indiqué que la règle 49/51 dissuadait les investisseurs. C'est probablement pour anticiper, mais aussi au regard du contexte économique qui confine à des révisions de la législation pour attirer les investisseurs, qu'Abdelmalek Sellal a évoqué lui-même la question devant le président du Sénat français."Et d'ailleurs, c'est le Premier ministre lui-même qui en a parlé le premier. Il nous a dit, et vous connaissez son style : ?Vous allez me parler du 49/51'", a révélé Larcher. Et quelle a été la réponse de Sellal ' "Je n'étais pas venu pour échanger des promesses, mais pour poser la question et le problème. Il y a une maturation politique et c'est un sujet sur lequel on va échanger", s'est contenté de répondre Larcher, non sans suggérer, en filigrane, une volonté des autorités algériennes d'assouplir la règle, d'autant que même les patrons algériens en ont exprimé le v?u."Il y a (aussi) un certain nombre de textes qui doivent libérer un certain nombre d'énergies, certaines lenteurs et à un moment où nous avons clairement compris qu'il fallait développer l'économie en dehors de la monoculture de l'énergie et il n'y a pas que l'Algérie qui est la seule concernée, il va falloir accélérer les réformes, et c'est aux Algériens de le décider, et pas à nous", a-t-il dit. Pour Sellal, il faut avancer "avec réalisme" sur le sujet, selon Larcher.K.K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Kebir
Source : www.liberte-algerie.com