Le projet d'une Opep du gaz, qui défendrait les intérêts des pays producteurs, est revenu au devant de l'actualité avec la tenue, à la fin du mois d'avril à Téhéran, du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), au moment où les experts estiment que, pour le moment, un consensus sur sa mise en place n'est pas encore à l'ordre du jour de l'ensemble des pays concernés. Cette organisation, présentée par les médias occidentaux comme une sorte d'Alien qui sortirait de la poitrine de ?''l'OPEP'', fait peur. Autant pour ses initiateurs, les producteurs et exportateurs, que pour les pays consommateurs qui y voient un autre type de pression et une monnaie d'échange des pays exportateurs de gaz vis-à-vis des grands pays consommateurs. La Russie, selon le quotidien économique Kommersant, estime qu'elle va proposer un projet tendant vers la création de cette Opep du gaz. Moscou, qui va présenter, toujours selon Kommersant proche des milieux pétroliers moscovites, un projet remodelé des statuts du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) lors de sa réunion, le 28 avril à Téhéran (Iran), souhaiterait transformer ce Forum en une ?''Opep du gaz'', mais avec des statuts moins ?''agressifs''. En tout cas, selon le quotidien des milieux d'affaires russes, plus nuancé sur les objectifs de la future organisation, et surtout plus proche des préoccupations des pays consommateurs, particulièrement ceux du G7, les sept pays les plus industrialisés du monde. La proposition russe, qui sera soumise à la réunion de Téhéran et à laquelle devraient participer tous les représentants des pays de l'OPEP, dont l'Algérie, porte sur le ?''nerf de la guerre'' en matière de commercialisation du gaz: les prix. Kommersant estime ainsi que la Russie proposera ?''de transformer le Forum (des pays exportateurs de gaz) en une plate-forme servant à mettre au point une formule pour déterminer le prix du gaz et discuter des tracés de nouvelles infrastructures de transport du gaz par canalisations''. On le devine, les préoccupations russes ont beaucoup plus trait au tracé de ses canalisations qui passent par des zones de conflit, mais également et surtout traversent des pays de l'ex-bloc soviétique avec lesquels Moscou a eu de sérieuses frictions ces deux dernières années, notamment l'Ukraine, alors que dans le Caucase, les choses ne sont pas encore claires pour l'acheminement du gaz russe vers l'Europe de l'Ouest. Les prix du gaz, indexés sur ceux du pétrole, sont depuis quelque temps au devant des préoccupations des pays producteurs. Car si les pays OPEP, dont l'Algérie, font le maximum tout en assurant un parfait approvisionnement des marchés, pour ne pas être pénalisés par les courbes en dents de scie des prix à l'international, les grands pays consommateurs ont, depuis de nombreuses années, particulièrement au milieu des années 90 après la reprise économique qui avait suivi la crise monétaire aux Etats-Unis et en Amérique Latine, fait une formidable pression pour un prix ?''au rabais'' du gaz. Des discussions sont actuellement en cours entre pays producteurs et consommateurs pour trouver un juste milieu pour ne pénaliser aucune des deux parties, étant donné que des pays comme la Norvège ou la Grande Bretagne produisent suffisamment de gaz pour déstabiliser le marché international par une politique commerciale qui irait à l'encontre des intérêts stratégiques des pays producteurs autres qu'européens. Y compris la Russie. C'est pour ces raisons que l'idée d'une OPEP du gaz n'est pas à l'ordre du jour dans beaucoup de pays producteurs membres de l'organisation. Deuxième fournisseur de gaz à l'Union européenne après la Norvège et devant la Russie, mais également aux Etats-Unis, l'Algérie a toujours adopté sur ce dossier une politique prudente qui défend autant les intérêts nationaux que ceux de l'organisation. Mais l'idée d'une OPEP du gaz est loin d'avoir été totalement explorée. La réunion de Téhéran devrait en éclaircir les contours, ou les positions de chacun.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babès
Source : www.lequotidien-oran.com