La question de l'endettement extérieur est-elle devenue un enjeu politique ' Lundi, le SG du RND et directeur de protocole à la présidence, Ahmed Ouyahia, a prévenu contre le recours à l'emprunt externe, faisant valoir l'expérience des années 1990 lorsque le pays a été amené à des choix difficiles.Younès Djama - Alger (Le Soir) - M. Ouyahia a affiché son inquiétude face à cette perspective évoquée par-ci puis démentie par-là , tout en se déclarant contre le retour à l'endettement extérieur. «Le risque existe. Il est là », a-t-il martelé.Des déclarations qui n'ont pas manqué de faire réagir la classe politique, notamment le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui, par la voix de son secrétaire national chargé de la communication, Atmane Mazouz, affirme qu'à travers les déclarations des différents tenants du pouvoir de ne rien pouvoir faire face à la faillite du Trésor public que le recours à l'endettement extérieur, est une manière pour ce pouvoir de préparer l'opinion à lui faire admettre l'inévitable recours à cette option. «Il est clair qu'à travers cette montée au créneau, il s'agit bien d'un enjeu politique majeur avec la multiplication des déclarations des responsables du secteur et l'envoi du mercenaire de tous les temps, Ahmed Ouyahia, comme nouveau prêcheur pour anticiper sur les retombées catastrophiques sur l'économie du pays et le quotidien des citoyens», estime M. Mazouz, contacté hier. Pour lui, le recours, de nouveau, à l'endettement extérieur est aussi une preuve supplémentaire de la banqueroute du pays «et des mensonges du pouvoir sur la pertinence des choix économiques du gouvernement».Désormais, dit-il, la sphère économique du pays, parasitée par une corruption systémique, est, encore une fois, livrée à l'improvisation sans que les Algériens soient associés à leur destin. Et de rappeler que le RCD a déjà alerté sur la faillite de gestion qui mine l'avenir immédiat du pays. «La réalité a bien fini par rattraper les mensonges du gouvernement (et) qui ne peuvent tenir pour longtemps et servir à masquer un échec total et programmé», observe-t-il. Avant d'enchaîner sur le fait que «plus personne ne croit aux élucubrations d'Ahmed Ouyahia», qui, lui-même, a participé à mettre en panne économique le pays. «Les Algériens savent bien que ce personnage peut revendiquer avec la même suffisance plusieurs démarches contradictoires». Et de conclure qu'avoir gaspillé «quinze années durant des milliards dans la spéculation, la prédation et l'entretien des réseaux clientélistes et rentiers, ne peut avoir comme résultat que l'assèchement des finances du pays et la perte des chances de sauvegarde dont dispose encore la nation pour faire face aux nouveaux défis».Pour sa part, Ramdane Yousef Taâzibt, membre de la direction du Parti des travailleurs (PT), estime que la question de l'endettement extérieur est une question politique majeure dans la mesure où elle coûte très cher notamment en terme d'aggravation de la tragédie nationale.En plus d'être utilisée pour piller les richesses des pays, l'Algérie a payé cher son endettement, soutient-il. En même temps, c'est aussi une préoccupation économique, car il y a des risques que des entreprises privées et même des entreprises étrangères de droit algérien peuvent aller emprunter de l'argent avec la garantie du Trésor public.Réagissant aux déclarations d'Ouyahia, il souligne que «maintenant, s'il (Ouyahia) dit qu'il ne faut pas recourir à l'endettement, la solution sera d'abroger l'article de la loi de finances 2016 qui légalise le recours à l'endettement extérieur», tout en estimant que «les lobbies peuvent toujours recourir à cet article» pour contracter des emprunts à l'extérieur. Il relève lui aussi les contradictions dans le discours officiel. «D'un côté, on nous dit qu'on ne va pas recourir à l'endettement, et d'un autre côté, on nous dit que c'est indispensable, voire inévitable. Nous appelons à ce que le gouvernement ait une seule politique et interdise tout recours à l'endettement extérieur», note Taâzibt.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y D
Source : www.lesoirdalgerie.com