Alger - A la une

La protection des consommateurs en pente raide



D'où viennent les dégoûtantes habitudes d'une certaine frange de nos commençants à manifester leur mépris vis-à-vis de la clientèle ' Un consommateur sur un grand boulevard de la capitale à acheté un kilogramme de merguez à base de viande blanche de dinde, pour changer des viandes rouges. Un réflexe somme toute normal pour varier le menu.Après avoir déposé la marchandise en son domicile pour la cuisson du dîner, le soir venu, le père de famille demanda à l'une de ses filles, n'ayant pas encore quitté la table si les merguez étaient bonnes. L'épouse furieuse, elle aussi encore attablée, dressa alors une description patibulaire des saucisses à base, en principe, de viande de dinde et que personne n'a osé manger. Pour cause, les merguez en leur intérieur, contenaient des plumes blanches fracassées, des cheveux suffisamment longs pour les attribuer à un cuir chevelu de femme, des morceaux de peau de la volaille, ainsi que des fragments d'une matière solide qu'il a été impossible d'identifier avec certitude, car il s'agirait probablement d'os pulvérisés, ou toute autre matériau charnel.
On savait que les chaussettes à merguez pouvaient servir de foutoir à tout ce qui n'a pas été vendu. Mais là à retrouver des cheveux et des plumes, dans un produit valant 600 dinars le kilogramme, donc, près de 2 fois plus cher que la cuisse qui est cédée à 350 dinars, c'est convenir qu'il y a quelque chose de débile dans le relationnel entre le commerçant et le consommateur, d'autant plus débile que le prix payé devrait être en principe un gage de qualité de la marchandise.
Inutile de vous préciser que les merguez ont fini leur course dans la poubelle, et qu'au lieu de dégustation, ce sont des hauts le c?ur qui ont accompagné les mémorables merguez vers la voierie.
Ce genre de mésaventures n'est pas un cas isolé. Un boucher d'un quartier du centre d'Alger, qui a pour habitude de rester tard pour servir des clients qui travaillent, et qui n'ont pas le temps de faire leurs courses, dans la journée, se sont fait rouler dans la farine, par le boucher qui s'est taillé une réputation de spécialiste de la merguez à base de viande rouge. Notre commerçant s'est fait prendre par les services d'hygiène de la wilaya d'Alger, entrain de remplir les boyaux avec des organes tels les têtes, les langues, les pieds de vache, les poumons et les rates, en surplus de la viande, bien entendu, invendue, qui est arrivé à son étape de décomposition.
L'indélicat boucher a été arrêté, présenté devant la justice, a vu son commerce fermé durant plus d'un trimestre, tout en écopant d'une amende, en sus d'un séjour en prison. N'empêche qu'à la réouverture de son magasin, sa réputation de spécialiste des merguez incomparables «à base de viande pure b?uf» est restée intacte. Ses merguez, ne laissant grâce aux épices dont il a le secret de ne filtrer aucune mauvaise saveur, ou odeur, se vendent très bien. À contrario, personne n'a fait de liens avec le nombre en constante évolution des patients victimes d'intoxication alimentaire admis à l'hôpital.
La voracité des commerçants tend à devenir problématique dans nos espaces commerciaux. Le client n'a pratiquement aucune voie de recours, ne serait-ce qu'un téléphone vert pour dénoncer en situation de flagrant délit ce type de recyclage de denrées impropres à la consommation.
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