La PME est chargée de se projeter dans l'après-pétrole et de constituer un instrument de transition vers une économie de marché «moderne et compétitive» à un moment où ses animateurs politiques pataugent dans de grandes contradictions.
Mustapha Benbada a raflé la mise hier à l'hôtel El Aurassi d'Alger, puisqu'il a eu droit à deux tribunes différentes au même moment, le même jour et au même endroit. En effet, en plus de la présentation d'un code pour être bien gouvernée, la PME dont il est le tuteur officiel, était aussi à l'honneur à un étage plus bas dans le même hôtel. Mieux, en ces temps de manoeuvres électoralistes, la rencontre sur le code de gouvernance pour l'entreprise était placée «sous le haut patronage de son excellence le président de la république.»
L'Association des banques et établissements financiers (ABEF) elle, animait donc au même moment, un colloque sur «le financement de la PME au Maghreb.» «Ce sont les aléas de la programmation,» a lancé un des organisateurs. Il a été question pour les participants venus des pays du Maghreb et de France, d'exposer à travers la tenue d'ateliers «les outils de financement de la PME et évaluation des risques», «les mesures techniques d'accompagnement des PME», le dispositif de garantie du financement des PME» et enfin «le développement de la PME et l'intégration régionale.» Djamel Bessa, directeur général de la CNEP et président de l'ABEF nous expliquera en aparté qu'«il s'agit d'échanges d'expériences dans le financement de la PME, on parle aussi des réussites mais surtout des échecs des PME pour voir de quelle façon accompagner leur développement et aussi permettre leur création.» Du leasing, au factoring, et au capital-risque en passant par le partenariat entre les banques locales et régionales, il sera question pour les participants aujourd'hui, 2è jour du colloque, de recommander des modes de financement pour suivre l'évolution de ce genre d'entreprises. Djamel Bessa estime que «la mise en place d'un consortium n'est pas nécessaire pour ces financements, une PME peut très bien être prise en charge par une banque.» Il fait remarquer que «les banques étrangères commencent d'ailleurs à s'intéresser à la PME.» A propos du tissu de la PME à l'échelle nationale qui est constitué de «à peu près 180.000», le président de l'ABEF précisera que «ce n'est pas le nombre qui est déterminant mais c'est la performance et la compétence de chaque entreprise, d'ailleurs, il n' y a pas de normes dans le monde en ce qui concerne le nombre de PME devant ou pas être atteint pour qu'elles soient performantes.» Il fait part de la création de 120 000 PME «sur les 5 dernières années essentiellement par des politiques d'accompagnement financées par les banques, donc grâce à la jonction entre le gouvernement et la sphère économique.»
Si le financement constitue l'acte I pour mettre sur pied une PEM, sa gestion nécessite selon les initiateurs du code, réunis à un étage supérieur, «des principes d'éthique et des règles de bonne conduite reconnus universellement.» C'est ce que GOAL 08 (Gouvernance Algérie 2008) «une taskforce représentative du monde des affaires et de l'ensemble des institutions intéressées», a présenté hier sous l'appellation «Code algérien de gouvernance de l'entreprise.»
Il est dit en préambule du document que «la transition vers l'économie de marché moderne et performante (se) doit (d)'intégrer de manière plus résolue et plus systématique les exigences de rigueur, de transparence et d'éthique.» Le président de GOAL 08 nous a expliqué à la fin des travaux que «le but du code est de se poser des questions pour entrevoir des pistes de réponses, c'est ainsi que des solutions commencent à germer.» Slim Othmani précise que «le code est une démarche libre et volontaire, c'est un outil de travail, un livre de chevet d'un chef d'entreprise en vue d'introduire plus de rigueur et de transparence dans sa gestion, son administration et son contrôle.» Pour lui, «le respect de la gouvernance exige des règles et le code, c'est le SMIG gouvernance pour une entreprise qui a besoin de définir comment elle interagit avec son environnement.» L'intérêt selon lui «est multiple, il garantie la pérennité de l'entreprise, lui permet d'aller vers plus de normalité et de s'éloigner de l'informel.» C'est en fait, dit-il «le bon sens même.» Notre interlocuteur pense qu'il est nécessaire de «faire évoluer ce code en le diffusant largement au sein des écoles de management, pour la formation à la gouvernance.» Ses concepteurs affirment que si ce code «se donne comme ambition d'inaugurer un processus de promotion de la gouvernance d'entreprise global et durable (...), ce faisant, il aura apporté une contribution modeste mais concrète à une oeuvre beaucoup plus large dans laquelle l'Algérie est une partie prenante active : la mise en oeuvre d'un des volets majeurs des mécanismes du NEPAD, celui consacré précisément à la gouvernance.» Ils soulignent que «les enjeux de la gouvernance d'entreprise sont donc bel et bien de nature stratégique et vont bien au-delà de l'échelle microéconomique de l'entreprise elle-même et de son environnement, pour toucher à la qualité du modèle d'économie de marché.» Ils chargent la PEM «en particulier privée» de relever deux défis, «celui économique de la préparation de l'après-pétrole et celui systémique, de la transition vers une économie de marché moderne et compétitive par la qualité des entreprises qui constituent son tissu.»
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com