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La pédagogie, la grande absente !



Pas de date fixée pour la reprise des cours. En attendant que la décision soit prise, l'heure est à la formulation de propositions devant permettre d'aborder une année scolaire des plus singulières. Tutelle et syndicats en ont avancé plus d'une. La voix des pédagogues demeure néanmoins la moins entendue. La pédagogie, assure Ahmed Tessa, pédagogue et ancien cadre au ministère de l'Education, demeure la pierre angulaire pour sortir enfin le système scolaire des « archaïsmes » qui le caractérisent.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Après près de sept mois de rupture, les écoliers des trois paliers de l'éducation ne sont toujours pas fixés sur le sort de l'année scolaire. La décision devant être prise en haut lieu sera certainement connue dans les semaines à venir. En attendant, l'heure est à l'élaboration de scénarios devant permettre, non seulement de rattraper le grand retard accusé par les enfants, mais également de mener à bien le programme de l'année en cours. Un véritable dilemme que tente de résoudre le ministère de l'Education qui a rendu publique, dimanche, une série de propositions parmi lesquelles la double vacation et la réduction du volume horaire.
Les syndicats ont pu faire entendre leur voix, celle des pédagogues se fait cependant plus discrète. Pour quelles raisons ' Ahmed Tessa estime que « la vision actuelle est loin d'être pédagogue », ajoutant que, « si la pédagogie était une priorité, dès l'apparition de l'épidémie, le ministère de l'Education aurait mis en place une commission de réflexion avec des pédagogues qui auraient réfléchi à des solutions purement pédagogiques ».
Pour Ahmed Tessa, impossible de mettre en application le programme tel qu'il est élaboré dans les conditions actuelles. Il existe, dit-il, « des techniques pour réaménager les programmes, et plaide pour un travail de réflexion en profondeur pour jouer sur les mardis et samedis, les semaines de vacances, la réorganisation des examens », estimant qu'il y a plusieurs leviers pour agir et mettre en application le programme. Pour cela, dit-il, un effort supplémentaire est demandé aux enseignants qui « vont devoir monter au front comme l'a fait le personnel de la santé ». Impossible pour Ahmed Tessa de rester enfermé dans les mêmes schémas classiques, assurant que « cette épidémie doit nous permettre de revoir tous les archaïsmes et les dysfonctionnements du système éducatif ».
Commentant les propositions faites par la tutelle, le pédagogue considère que certaines idées sont « bonnes », comme le travail par groupes ou la diminution du volume horaire qui est, rappelle-t-il « un vieux projet déjà appliqué au primaire ». Il estime qu'il ne faut cependant pas raisonner en termes de volume horaire mais de séances, notant qu'« une séance ce n'est pas forcément une heure. Un enseignant peut certaines fois faire passer une leçon en dix minutes. Il ne faut plus réfléchir en volume horaire mais en nombre de séances puisque une séance, c'est modulable. La séance d'une heure, c'est plus administratif que pédagogique ». La double vacation est également une solution jugée bonne, à condition d'« agir sur les programmes, les évaluations continues, les examens. Cela impose un réaménagement total de l'année scolaire ».
Autant de propositions qui nécessiteront une mobilisation sans précédent de la famille de l'éducation tant les défis sont particuliers et nombreux cette année.
N. I.
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