Alger - Revue de Presse

La Loi de la Gravité



Loi de la Gravité, celle qui emporta nos folles illusions sur les stades d'Afrique du Sud. Mais qu'importe, puisque nous nous sommes bien amusés et ce défouloir inattendu valait bien son pesant de joie. Toujours ça de pris à  la saloperie ! Loi de la Gravité, celle qui coula, pour fin de bail, l'expérience de l'Espace Noun, lieu de paix et d'intelligence dans la furie urbaine d'Alger. On ne le dira pas assez mais, chez nous, l'immobilier fait le lit de l'immobilisme. Nous apprenons là-dessus qu'Areski, qui menait cette belle barque avec Nacéra, a été opéré du cœur. Bon courage, ami, et peut-être que l'Espace Noun devrait reprendre en version nomade, en attendant une adresse. Loi de la Gravité, assurément, celle qui fit que Larbi Zekkal bascula par-dessus la balustrade de son balcon, emportant ce visage marqué au fond de chaque Algérien, celui d'un acteur et d'un homme respirant la bonté. Il rejoint notre panthéon affectif où se trouvent déjà Touri, Rouiched, Medjoubi et d'autres. Loi de la Gravité, celle qui a emmené Arkoun en son repos éternel, après son exil, désormais doublé d'un enterrement hors même de son sous-sol natal. C'est, après Dib, le second. La Loi de la Gravité est une loi des séries… Mais j'en vois au fond de la salle – oui, vous, là-bas ! – qui se demandent si, pour une chronique de rentrée, trop de gravité ne nuit pas gravement à  la santé, dixit un paquet de cigarettes. Ils devraient savoir pourtant que la gravité ne se commande pas, obéïssant bêtement à  des principes objectifs de physique, indépendants de notre volonté, dixit notre télévision qui a bien poivré les soirées du Ramadhan.
Pourtant, parce que la vie est contrastée et que la physique se fond sur des forces contraires, quelques lueurs sont arrivées, çà et là. Celle de ce prix prestigieux et mérité décerné aux éditions Barzakh. Celle aussi du ballet de danse contemporaine, Nya, de Sofiane Abou Lagraâ, qui a enchanté ses publics. La vraie beauté de l'œuvre, c'est son interprétation par de nouveaux danseurs qui, au début de l'année, ignoraient qu'ils engageraient une telle carrière. Ils étaient parmi les 400 jeunes du casting, venus de toute l'Algérie, soit de ce potentiel merveilleux et pourtant inimaginable quand règne la loi de la Gravité. Initiateur du projet, le ministère de la Culture devrait instituer, dans ses aides, un bonus de formation ou une clause de priorité aux progrès formateurs. Enfin, sur une échelle modeste, cette pharmacie d'Alger, vouée aussi à  la loi de la Gravité (on ne rit pas avec les médicaments !) mais où, toute l'année, on entend Les Quatre Saisons de Vivaldi. Après tout, peut-être que son compatriote, Galilée, se trompait et que la loi de la Gravité a aussi des saisons '
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