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La liberté du journaliste au coeur du débat



La liberté du journaliste au coeur du débat
Célébrant la Journée nationale de la presse qui coïncide avec la parution du premier titre anticolonial, la wilaya de Bouira a tracé un programme qui aura débuté par une rencontre entre les autorités locales, à leur tête le wali de Bouira, M.Maskri Nacer et les représentants de la presse au niveau local. Le second point sera une conférence-débat en présence des étudiants en sciences de l'information et quelques stagiaires de l'Institut national de la formation professionnelle. Le directeur de l'information au niveau de la Radio nationale, maître Brahimi Mohamed, avocat et juriste spécialiste, auteur d'un livre sur la liberté de la presse et la justice, ainsi qu'un professeur de l'université Alger 3 ont animé cette rencontre. Prônée par la radio locale elle a vu l'absence de plusieurs de nos confrères qui ont préféré partir juste après la réception avec le premier responsable de la wilaya. Le thème retenu, mais et surtout le profil des deux conférenciers, issus du secteur public, choisis a laissé penser à des exposés élogieux à l'égard des décideurs. Le soupçon ne tardera pas à s'avérer vrai. Tout au long des deux interventions, on nous présentera une Algérie où la presse travaille en toute quiétude, où les droits des journalistes sont garantis, où la liberté de la presse n'a pas de barrière... mais où on ne badine point avec l'intérêt suprême du pays. La présence en force des journalistes de la radio, organisatrice et de l'ensemble des chargés de communication des organismes publics faciliteront le travail à ce docteur venu de l'université d'Alger 3 et au directeur de l'information de la radio Chaîne 1. Après des exposés autour du thème «pour une presse crédible, professionnelle, les faits et les enjeux» la parole a été donnée aux représentants de la presse locale. Trois points essentiels ont été soulevés lors des échanges de paroles. La diffamation, les intérêts suprêmes du pays et la place de la presse dans l'Algérie de demain. Les conférences plutôt académiques ont essayé de faire porter le chapeau au journaliste. Certains iront sans le dire jusqu'à regretter les temps du parti unique où le journaliste-fonctionnaire accédait à l'information sans aucune difficulté. Le professeur de l'université Alger 3 divisera le parcours de la presse en trois phases distincts.L'avant 1990, la période de la décennie noire et l'après 2000. Toutes les interventions s'accorderont à dire que l'intérêt suprême du pays reste une ligne rouge à ne jamais franchir. Lors des débats nous avons posé la question de savoir si de nos jours, l'intérêt suprême du pays n'est pas perverti en intérêt suprême des personnes. La presse algérienne est victime de sa liberté puisque avec l'avènement de l'économie de bazar, des titres, défendant simplement les intérêts de quelques barons de la finance sont nés. Le conférencier évitera de parler de la dualité qui caractérise la presse algérienne. Le secteur public, au service d'une idéologie précise, reste la vitrine de l'apparent quand des journaux du secteur privé bravent l'interdit pour faire apparaître la face cachée. Le journalisme est un art qui mène vers la gloire mais qui peut aussi conduire vers les abîmes. Si on excepte l'intervention de Me Brahimi qui s'est limité au volet juridique, les intervenants tous fonctionnaires du secteur public ont vanté les mérites de l'Algérie sous la conduite de Son Excellence le président de la République, concernant les avancées en matière de liberté de la presse. Même l'exemple utilisé et relatif aux chaînes privées qui émettent depuis l'étranger ne s'adapte point en matière de liberté d'expression. La preuve est toute faite dans la mesure où une chaîne domiciliée à Alger avait par un passé récent reçu la visite des forces de l'ordre au motif que cette chaîne faisait dans l'incitation au désordre. Sans avoir la prétention de défendre telle ou telle chaîne, nous pouvons affirmer que chacune mène campagne pour une des ailes en opposition. Dans son intervention, Me Mohamed Brahimi, avocat et chercheur dans le domaine expliquera les contenus des lois de 1981 et celle de 2015. Le juriste s'attardera sur les acquis et définira clairement les cas de diffamation. L'honnêteté intellectuelle le poussera à sérier ce qui est omis dans le récent texte portant la non-criminalisation du délit de presse qu'il aurait souhaité plus large afin de donner plus de liberté au journaliste. Là aussi nous avons soulevé un constat.Dans les conflits presse-administrations ou personnes publiques le recours à la justice ne se fait pas pour une réhabilitation ou la recherche de la vérité, mais une démarche visant plus à apeurer la presse et une tentative pour la museler. «L'insulte, l'invective, l'agression verbale... sont des actes d'incivilité et un manque d'éducation intolérable.»». Entre le contenu et les dires des éminents professeurs et la réalité du terrain il y a un monde.


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