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La grève et le foot



La grève et le foot
Hier, c'était le retour des vacances scolaires mais personne ne s'en est rendu compte. Même les parents, d'habitude si enthousiastes, à la limite du zèle, semblent avoir tiédi. Rien n'emballe plus les Algériens. On savait pour la campagne électorale mais cette dernière semble avoir déteint sur tout le reste.Rien ne bouge parce que le pays est censé être? en ébullition. Même les cauchemardesques embouteillages du retour à l'école étaient hier imperceptibles à Alger et sa périphérie.Un bonheur inattendu pour les automobilistes râleurs qui vouent aux gémonies l'inventeur de l'école qui serait créée dans l'unique dessein de leur empoisonner la vie au volant.Ils n'ont rien à faire mais ils sont toujours pressés, ceux-là. Enfin, ils font semblant d'être pressés pour avoir l'air d'être occupés. D'habitude, ils sortent la tête par la vitre pour fulminer, hier, ils avaient les yeux qui sortaient des orbites pour montrer que ce n'est pas normal que ça roule.Samedi, il devait y avoir une journée de championnat de football programmée depuis l'été. Le football chez nous n'est plus un spectacle, mais il est toujours une religion.On aurait pu bouger un peu mais la journée de religion avec le spectacle en moins a été reportée. Bien sûr, la fédération n'a pas dit que c'est à cause des élections mais tout le monde l'aura compris.Même si près de deux semaines séparent les deux rendez-vous, on est habitué au zèle de circonstance. Il faut bien multiplier les indices de sérieux pour l'échéance du printemps, surtout que l'engouement tarde à montrer le bout du nez.Si tant est qu'il reste encore une chance qu'il le montre d'ici là. Tenez, à propos de foot au printemps, le Widad de Tlemcen devait rencontrer hier le Mouloudia d'Alger en match amical.Eh oui, élection ou non, on n'a quand même pas poussé le zèle jusqu'à «reporter» les matches de préparation. Mais le zèle peut venir de partout.Quand ça ne vient pas de très haut, les paliers intermédiaires -ou plus bas- de la responsabilité peuvent très bien s'en charger.Ce sont donc les autorités locales de Tlemcen qui ont décidé, faute de reporter le match ou carrément le déprogrammer, de le faire jouer à huis clos.Et c'est pour «éviter que l'occasion soit saisie pour en faire une exploitation politique» que cette décision a été prise !«Une parole juste utilisée à des fins injustes», pour traduire approximativement un proverbe arabe. Autre «traduction approximative», il paraît que le communiqué du Syndicat national des travailleurs de l'éducation (SNTE) a été mal interprété par la presse.C'est ce que vient de dire son premier responsable étonné que la presse «attende la grève» au premier jour de la reprise alors que son «document» disait seulement qu'un débrayage sera déclenché «après les vacances d'hiver». Ce n'est pas tous les jours que des syndicats annoncent une grève sans dire quand.Non seulement ils ne le disent pas mais ils ne donnent même pas l'impression de le savoir eux-mêmes. Ils savent seulement que c'est «le conseil national» qui décidera ça mais le chef du SNTE suggère que ça pourrait se faire? après les élections ! Comme pour le foot.Sauf qu'il n'y a pas de «grève amicale» et que c'est difficile de faire une grève à huis clos. Mais n'est-ce pas qu'à l'orée de l'été, tout est possible 'Slimane Laouari


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