La Grande-Bretagne accepte d’extrader Rafik Khalifa
Un juge britannique a donné, hier, son feu vert à l’extradition vers la France de Rafik Khalifa, une décision toutefois susceptible d’appel.
L’extradition de Khalifa vers la France a été finalement dé-cidée, selon l’AFP qui rapporte que la justice britannique a statué sur la demande formulée par la France. Une extradition à laquelle les avocats de l’ex Golden boy s’opposaient catégoriquement, arguant qu’il n’y est pas formellement poursuivi. Abdelmoumène Rafik Khalifa, 40 ans, a été arrêté le 27 mars en Grande-Bretagne où il s’était réfugié, dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen délivré par le tribunal de grande instance de Nanterre (région parisienne).La justice française enquête sur des malversations présumées survenues au sein du groupe Khalifa, dans les ex-sociétés Khalifa Airways, Antinéa Airlines et Khalifa Rent a Car (KRC, location de voitures), toutes enregistrées en France. Le parquet de Nanterre a ouvert, fin 2003, une information judiciaire pour «abus de confiance, banqueroute par détournement d’actifs, banqueroute par dissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée». Selon Richard Job, un de ses avocats, Rafik Khalifa ne peut être extradé comme le demande la France car il n’y est pas personnellement mis en cause. «Le tribunal doit protéger ses droits. Une personne ne peut être extradée que si elle est poursuivie, pas pour être interrogée», a-t-il affirmé, soulignant que «Khalifa n’est pas accusé en France». L’argument a été balayé par le représentant de la justice française, Mark Summers, selon qui l’établissement d’un mandat d’arrêt par la France signifiait que la justice française entendait le poursuivre.
Aucun juge français n’a entendu Rafik Khalifa en vue d’une éventuelle mise en examen car il ne se trouve pas sur le territoire français. Selon Mark Summers, Khalifa est soupçonné d’avoir détourné de l’argent, des titres et des actifs appartenant aux compagnies du groupe Khalifa, causant ainsi leur liquidation et le licenciement de plus de cent salariés, laissant une dette de plus de 90 millions d’euros. Trois personnes ont été mises en examen, fin mai en France, dans cette affaire, dont l’épouse de Rafik Khalifa. En Algérie, ce dernier a été reconnu coupable, le 22 mars dernier, d’association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux et les autorités algériennes cherchent, elles aussi, à obtenir son extradition mais la justice britannique n’a pas reçu officiellement de demande dans ce sens, ont souligné jeudi les avocats de Khalifa. Selon d’autres sources, le Royaume-Uni ne s’opposerait pas à son extradition si des «garanties lui sont accordées», telles que la sécurité du prévenu, la présence d’ONG internationales et d’un observateur anglais lors de ce procès.
Said Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com