Nouveau clash entre le P-dg d’Air-Algérie et le SPLA
Le rapatriement des dépouilles des membres d’équipage décédés le 13 août dernier, lors du crash de l’avion-cargo d’Air Algérie à Piacenza en Italie, a donné lieu, hier, à une nouvelle épreuve de force entre le P-DG de la compagnie aérienne, Mohamed Tayeb Benouis, et le syndicat des pilotes de ligne (SPLA).
Alors que toutes les dispositions avaient été prises par le ministère des Transports et l’EGSA pour recevoir les dépouilles des défunts Mohamed Tayeb Bederina, Mohamed Abdou et Mustapha Kaddid au salon d’honneur de l’aéroport d’Alger, voilà que le patron de la compagnie nationale décide, pour on ne sait quelle raison, de transférer cette arrivée vers un hall de maintenance situé en bout de piste. Sur ce, les pilotes affiliés au SPLA ont menacé de débrayer sur le champ, clouant, ainsi, les avions au sol. Ce nouveau bras de fer engagé par le P-DG d’Air Algérie intervient, notons-le, dans une conjoncture particulière. En effet, selon des sources sûres, M. Benouis a été transféré, la semaine dernière, après avoir été victime d’un malaise, en urgence, vers la clinique Chahrazed de Chéraga.
Annoncé partant, l’actuel P-DG aurait réapparu, mercredi, à la faveur d’une dépêche laconique de l’APS annonçant sa présence à un séminaire interne de la compagnie. Pour nombre d’employés d’Air Algérie, cette sortie est assimilée à une «énième manœuvre de diversion». Beaucoup, en effet, croient dur comme fer que son départ est inéluctable. Pour sa succession, on évoque avec insistance l’installation imminente du général Salim Benabdallah dit «Slim», un ancien officier supérieur de l’ANP qui avait été le pilote attitré de l’avion présidentiel de Houari Boumediène. Après avoir reçu une formation de pilote de chasse au Caire, suivie par des stages complémentaires, en Union soviétique, sur des appareils gros porteurs, M. Benabdallah s’est vu confier par le défunt président la création, au début des années soixante-dix, du Groupe de liaisons aériennes ministérielles (Glam). «Slim» est aussi connu pour avoir été longtemps un attaché de défense, notamment aux États-Unis. Rentré en Algérie, il se voit confier, dès le début des années 90, la direction des Relations extérieures au ministère de la Défense, la fameuse DRE. Son rappel, aujourd’hui, pressenti à la tête de la compagnie aérienne, augure, vu son envergure, d’une véritable reprise en main du pavillon national. Reste à savoir, maintenant, combien va durer l’ambiance de fin de règne qui caractérise, aujourd’hui, la vie de cette entreprise stratégique.
Mohamed-Chérif Lachichi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com