Des membres du conseil national de l'Unja ont annoncé, hier, le lancement d'un mouvement de redressement au sein de l'organisation.
Le FLN risque de ne pas pouvoir recoller les morceaux. Sa plus importante organisation satellite est désormais scindée en deux parties. L'Union nationale de la jeunesse algérienne (Unja) vient, en effet, d'afficher au grand jour la crise qui la ronge. Des membres du conseil national de cette organisation, créée en 1975, ont annoncé, hier lors d'une conférence de presse tenue au siège du Mouvement de redressement du FLN à Draria (Alger), le lancement d'un mouvement de redressement au sein de l'Unja. Les conférenciers, (Mohamed Bouguefda, membre du secrétariat national et deux membres du conseil national), ont déclaré leur ralliement au Mouvement du redressement du FLN, conduit par son coordinateur, Salah Goudjil, et son porte-parole, Mohamed Seghir Kara. Ils ont d'ailleurs appelé les jeunes du FLN et de l'Unja à renforcer les rangs de ce mouvement en vue de mettre fin au règne de Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du parti. L'autre aile de l'Unja, conduite par son secrétaire général, Mohamed Madani, âgé de 57 ans, est sous le contrôle de la direction actuelle du FLN. Sans surprise, les hôtes des redresseurs ont descendu en flammes M. Belkhadem et ses «sbires» de l'Unja qu'ils accusent de n'avoir en tête que les élections législatives de 2012 et que le sort du parti et de cette organisation ne les intéressent pas.
La flamme étant donc attisée, qui aura à rallumer le brasier et qui en récoltera les fruits parmi tous les belligérants au FLN' Les ambitions démesurées de Belkhadem risquent d'assombrir son avenir, étant donné l'étau qui se resserre sur lui au sein même du bureau politique, mais il demeure que rien n'est encore joué. Pour sauver la face, M.Belkhadem a tenté une manoeuvre dangereuse: avancer le nom du chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, comme candidat à sa propre succession en briguant un quatrième mandat. Interrogé sur cette question, les conférenciers ont estimé qu'«être contre Belkhadem ne veut en aucun cas dire être contre Bouteflika».
«On n'a pas de problème avec Bouteflika», a répondu un membre du conseil national, représentant de la wilaya de Béjaïa. A l'origine de la crise de l'Unja et de sa division, le dernier congrès tenu le 9 décembre en cours à El Biar (Alger). Ce congrès très contesté par les conférenciers a reconduit à la tête de l'Unja, Mohamed Madani. «C'est un congrès fabriqué, tenu en catimini et n'a duré que 15 minutes, illégal et illégitime», ont-ils estimé, précisant que M.Madani, dont le mandat a commencé en 2005, fait l'objet d'un retrait de confiance depuis le mois de février 2007. Ils ajoutent que M.Madani aurait vendu plusieurs biens matériels de l'organisation.
Mohamed Bougefda, membre du secrétariat national de l'Unja, a accusé, en outre, le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, d'avoir exercé son influence pour convaincre la wilaya d'Alger d'autoriser le congrès. En guise de riposte, les conférenciers ont annoncé l'introduction d'un recours, mardi prochain, au niveau du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales pour invalider les résultats du congrès, tout en appelant le chef de l'Etat à mettre fin à la «mascarade». Ils envisagent également de convoquer une session extraordinaire du conseil national - cette instance comprend 144 membres dont 90 redresseurs - dans la perspective d'élire un comité de préparation d'un autre congrès.
Selon les conférenciers, la prochaine direction de ce mouvement de jeunes du FLN sera composée de membres dont l'âge ne saurait dépasser 35 ans.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim AIMEUR
Source : www.lexpressiondz.com