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L'UMA dans le doute Edito : les autres articles



L'UMA dans le doute                                    Edito : les autres articles
La question est simple : le sommet de l'Union du Maghreb arabe (UMA), annoncé pour le 10 octobre prochain en Tunisie, se tiendra-t-il effectivement ' Rien ne semble si sûr, Alger voulant un processus préparatoire conséquent, incluant des objectifs clairs, et un échéancier, le sommet en question n'étant dans ce cas que l'aboutissement du processus et non une fin en soi. Les Marocains, à l'origine de la suspension des activités de l'UMA depuis 1995, voient la question du sommet sous un autre angle, un point de vue qu'ils développent depuis une dizaine d'années, et que le Conseil ministériel de l'Union avait poliment ignoré. Il s'agit du lien qu'ils veulent à tout prix établir entre l'UMA et le conflit du Sahara occidental, ou encore de la frontière terrestre algéro-marocaine fermée depuis 1994.
Une question bilatérale qui aurait dû être traitée dans le cadre de la normalisation des relations pourtant convenue par les deux pays, mais le Maroc refusait de siéger au sein des commissions mixtes mises sur pied à cet effet. A entendre les Marocains, si de telles questions ne sont pas réglées, le sommet en question sera formel. En d'autres termes, il est condamné à l'échec. Ce qu'aucun pays n'acceptera ou ne voudra endosser. Sauf que les Marocains sont d'un autre avis, et voudraient même imputer à l'Algérie un échec éventuel. C'est ce que suggèrent les propos du Premier ministre marocain en mettant en avant la fermeture de la frontière, et cette divergence sur ce que lui désigne par intégrité territoriale de son pays.
Pour être précis, ce concept désigne les territoires du Sahara occidental que le Maroc occupe par la force depuis 1975. Il n'a pourtant jamais été porté devant les plus hautes instances internationales, convaincues quant à elles que les frontières du royaume, telles qu'internationalement reconnues, n'ont jamais été menacées. C'est une fin de non-recevoir. En suivant cette logique, ce pays veut que l'UMA reconnaisse son occupation du Sahara occidental, ce qu'elle s'est gardée de faire. De précédents efforts en vue de relancer l'UMA se sont d'ailleurs heurtés en 2002 à cette question, pourtant mise de côté en 1988, lors de la création de cet ensemble, rendue possible également après l'intervention du défunt souverain marocain Hassan II, soulignant que ce conflit n'opposait pas son pays et l'Algérie.
Mais autant dire que la position marocaine manque de constance, dix jours après avoir fait du sommet rendu incertain à la suite de l'interview du Premier ministre, un objectif visible et même un pari pour l'avenir. C'est le sens à donner aux propos du ministre marocain des Affaires étrangères le 9 juillet, et son enthousiasme vient d'être atténué. «Qu'est-ce qui a bien pu se passer '», se demandera-t-on alors. Une question qui n'est pas nouvelle, mais dont le caractère récurrent laisse, encore une fois, planer un doute sérieux sur la relance de l'UMA.
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