Alger - Revue de Presse

L'OTAN demande à l'Algérie de fixer ses priorités



L'Organisation Atlantique Nord (OTAN) demande à l'Algérie de fixer ses priorités dans la relation qui la lie à elle, d'établir un programme de coopération individuel et de conclure avec elle un échange de lettres pour soutenir l'opération «Active Endeavour» de lutte contre le terrorisme en mer.

Cette demande claire et précise a été exprimée, hier, par le secrétaire général délégué de l'OTAN, ambassadeur Claudio Bisogniero devant les membres du conseil de la Nation qui lui ont organisé un séminaire portant sur la «sécurité par le dialogue: rôle des institutions parlementaires dans l'approfondissement du dialogue méditerranéen». Sa précision, il l'a adressée, au préalable, aux parlementaires, à vous a-t-il dit «qui avez un rôle essentiel à jouer, s'agissant de contribuer à définir et d'expliquer la politique algérienne en matière de coopération avec l'OTAN». Les arguments qui lui permettent de revendiquer cette contribution sont «bien que l'Algérie ait été le dernier des sept pays à se joindre au processus du Dialogue méditerranéen, en 2000, le Président Bouteflika a été le premier chef d'Etat arabe à effectuer une visite au siège de l'OTAN, à Bruxelles, en 2001». Son rappel d'un autre gage des autorités algériennes en faveur d'une coopération soutenue avec l'Alliance: «votre pays s'est rapidement imposé comme l'un des participants les plus dynamiques et les plus actifs à ce dialogue». Ce qui l'amène à espérer «vivement que ce séminaire nous permettra, à tous, de trouver des solutions pour donner un nouvel élan à notre coopération au moment où celle-ci marque une pause».

C'est donc à cette «pause» que l'OTAN veut mettre fin puisqu'elle estime, comme le dit son SG délégué, «qu'il existe un lien fort entre l'Europe et la région méditerranéenne, entre le sécurité en Europe et la sécurité dans cette région (...) et que nous sommes, tous, confrontés aux mêmes défis sécuritaires». Autre lien entre les deux rives «une grande interdépendance au plan économique». L'appel est ainsi lancé par les Atlantistes pour «que chacun de nous joue un rôle actif pour faire en sorte que la Méditerranée ne devienne pas un obstacle à la tolérance et à la compréhension». La voie indiquée: «un véritable partenariat qui a acquis une valeur stratégique propre» et qui s'impose parce que le terrorisme «constitue la principale préoccupation en matière de sécurité».

Et pour sensibiliser sur la question, l'ambassadeur a présenté ses «plus sincères condoléances pour les terribles attentats terroristes qui vous ont frappés, ces deux dernières semaines». Il fera l'impasse sur les nombreux autres qui ont endeuillé le pays durant de longues années.

Claudio Bisogniero notera, cependant, que «l'action militaire seule ne peut pas venir à bout des problèmes qui motivent bien souvent les terroristes d'aujourd'hui». Il plaide plutôt pour «un cadre global qui rassemble aussi les initiatives politiques, diplomatiques, économiques, sociales, judiciaires et autres». Il ne manquera pas d'ajouter que «la prolifération des armes de destruction massive et la dissémination de biens technologiques à double usage mettent à la disposition des Etats et des individus, un pouvoir de destruction sans précédent». L'allusion est, on ne plus clair, pour pointer un doigt accusateur sur l'Iran et son dossier d'enrichissement de l'uranium. La demande croissante d'énergie engendrée par «la croissance rapide des économies d'Asie» et le changement climatique et ses conséquences sur les ressources naturelles notamment l'eau, figurent aussi parmi les défis inscrits par l'OTAN. Elle propose aux pays du «Dialogue méditerranéen» «des outils et des instruments de coopération pratiques qu'elle dit réservés, autrefois, à ses partenaires euro-atlantiques.

Pour son programme 2008, elle affirme mettre à leur disposition 700 activités de coopération. C'est ainsi que le SG délégué en vient à appeler l'Algérie à y apporter une «contribution précieuse» comme le font «les nombreux pays qui participent aux côtés de forces de l'OTAN». Il lui dira «nous serions heureux de pouvoir bientôt conclure un échange de lettres entre l'OTAN et l'Algérie, qui vous permettra, à votre tour, de soutenir comme vient de le faire le Maroc, l'opération «Active Endeavour», l'opération maritime de lutte contre le terrorisme en Méditerranée». L'ambassadeur n'a pas indiqué qu'Israël participe activement à cette opération. Aux appels des pays arabes comme l'Algérie pour un règlement du conflit israélo-arabe, l'OTAN propose une coopération active auprès d'Israël. Véritable dialogue de sourds. l'OTAN avoue avoir ses limites...

Ceci étant, c'est la première fois que des responsables de l'OTAN appellent publiquement l'Algérie à devenir «pratique» avec eux et ce, en fixant en outre, ses priorités dans la relation qui la lie à eux et de définir clairement le contenu d'un programme de coopération individuel. L'OTAN décide ainsi, vraisemblablement, de mettre les autorités algériennes devant leur responsabilité, celle d'avoir accepté depuis 2000 que l'Algérie soit comptée parmi les pays inscrits sous le «label» atlantiste «Dialogue méditerranéen». L'Organisation juge aussi, dit son SG délégué, «opportun que notre coopération (...) compte parmi ses éléments majeurs, la formation, l'entraînement et la doctrine militaires». Ses encouragements à ce que la participation de l'Algérie devienne plus active dans les exercices militaires, le partage du renseignement, la coopération en matière d'armement, la logistique et les plans civils d'urgence, se sont faits persistants. «Notre coopération est basée sur un principe d'activités conjointes, ce sont des possibilités que nous ouvrons à la coopération et que nous n'imposons pas», nous a dit, à ce sujet, en aparté le SG délégué de l'OTAN. «Il revient à chaque pays de choisir les activités qu'il veut, en matière de coopération sécuritaire. La conclusion d'un programme de coopération individuel nous donnerait la possibilité de mieux structurer, de mieux organiser une coopération basée sur une pluralité d'activités pratiques», a-t-il précisé tout en soulignant qu'une telle possibilité reste toujours ouverte et qu'il n'y a pas d'échéances fixées». Nicolas De Santis, responsable de la diplomatie publique pour les pays du DM et de l'Initiative d'Istanbul a formulé, lui aussi, les mêmes demandes à l'adresse de l'Algérie. L'Organisation atlantiste qualifie l'Algérie de «partenaire stratégique» à laquelle elle offre «un programme à la carte». Une expression qu'elle adresse à l'ensemble des pays du dialogue et ceux de l'ICI, même si elle a toujours tenu à préciser qu'elle coopère avec eux «sans discrimination» aucune, tout en prenant le soin de les aligner sur un pied d'égalité. «Pour les besoins de sécurité et de stabilité de la région», dit-elle.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)