
La chute des cours du pétrole qui a démarré l'été dernier met sous pression des projets, des industriels et même des pays.En l'espace d'une année, l'industrie pétrolière a perdu 20% en investissement sous le poids des coûts trop bas du pétrole et d'une économie mondiale au ralenti. Les entreprises qui gravitent autour du secteur sont également affectées par cette récession. Lors d'une conférence donnée à l'occasion de la sixième édition du North African Petroleum Exhibition & Conférences (Napec) qui s'est tenue du 8 au 11 mars à Alger, l'ancien ministre de l'Energie, Sadek Boussena, a affirmé que "toutes les compagnies vont réduire leurs investissements dans l'amont pétrolier pour l'ajuster à des coûts et des prix qui ne sont plus à 100 dollars". Selon lui, "il n'y a plus aucune compagnie pétrolière de la plus grande à la plus petite qui prend aujourd'hui un prix de référence de pétrole qui dépasse 50 dollars pour le calcul de leurs investissements. Aucune banque au monde ne vous prêtera de l'argent. Aucun conseil d'administration ne prendra la décision de lancer une opération d'investissement avec une prévision de prix qui commence à 30 dollars". "La nouveauté, ajoute-t-il, c'est la volatilité et l'incertitude sur les prix. Cette incertitude est devenue un instrument de stratégie de l'Arabie Saoudite sur le marché. En prenant la décision de dire je ne fait plus de contrôle, je ne participe plus avec l'Opep à donner au marché une référence de prix, elle crée une incertitude totale qui fait que la volatilité, c'est-à-dire la fluctuation des prix, va aller de 25 à plus de 70 dollars." Revenant sur la genèse de cette crise, Sadek Boussena indique qu'en décidant de laisser le marché réguler les prix, l'Arabie Saoudite a provoqué une dégringolade des cours. La décision de l'Arabie Saoudite est une véritable bombe pour la régulation pour le régime de fonctionnement du marché pétrolier. "C'est une position de principe qui est antinomique à l'existence même de l'Opep. L'Opep par définition se veut une organisation qui régule l'offre afin de sauvegarder un niveau de prix donné", précise-t-il. Maintenant on ne sait plus où sont les vrais coûts du pétrole. "Le marché n'est plus régulé. Le marché va devenir complètement libre, et si le marché devient complètement libre, cela veut dire que les prix vont fluctuer en fonction des coûts de production. Les prix peuvent descendre aux prix de production les plus bas." Dans les mois qui viennent, Sadek Boussena propose de focaliser, outre l'évolution de la production des schistes américains, sur l'attitude de l'Arabie Saoudite. Ou la position de l'Arabie Saoudite est tactique, c'est-à-dire après avoir obtenu un certain nombre de résultats ici et là, elle peut être ramenée à de meilleurs sentiments et revenir à la table des négociations pour avoir un compromis. Dans ce cas-là, les prix vont aller vers une fourchette entre 50 à 70 euros pour la période à venir. Si ce n'est pas une position tactique mais plutôt stratégique, dans ce cas-là l'Opep n'aura plus le même rôle. Elle sera une organisation qui pourrait être appelée à disparaître. Pour conclure, l'ancien ministre de l'Energie estime que "nous entrons dans un monde de plus de volatilité et il faudra se préparer à développer de nouveaux outils pour faire nos prévisions, que ce soit les pays ou les compagnies. Telle est la problématique à venir".S. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Smati Saïd
Source : www.liberte-algerie.com