
Forte dépendanceLa rencontre internationale sur le pétrole et le gaz Napec tenue récemment à Alger a constitué un événement majeur dans le secteur des hydrocarbures. Cette manifestation s'est avérée plus riche que les éditions précédentes en termes de participation des compagnies nationales et internationales, et son contenu plus étoffé avec les communications d'éminents spécialistes du domaine : Sadek Boucenna, François Perrin, Abdelmadjid Attar, Mourad Preure. Parmi les principales thématiques : l'évolution des prix du pétrole, les bouleversements de la scène énergétique internationale marquée par l'émergence de l'industrie du schiste américain et l'évolution de Sonatrach dans un contexte caractérisé par de multiples menaces à la fois internes et externes sur les revenus financiers de l'Algérie. L'une des plus importantes interventions a été sans conteste celle de Sadek Boucenna, ancien patron de Sonatrach et ex-ministre algérien de l'Energie, qui a pointé du doigt la volatilité accrue des prix du pétrole avec la stratégie saoudienne de défense des parts de marché. Avec cette politique, l'Opep ne joue plus son rôle de régulation, laissant le marché dicter ses prix, plus proches des coûts de production et moins favorables aux pays producteurs. L'Algérie, dans ce contexte défavorable, assistera impuissante à la chute de ses revenus financiers et, du coup, à une dégradation de sa situation économique et sociale.À moins que l'Arabie saoudite, l'acteur le plus influent du marché, changeant de posture, réussisse à pousser les pays non-Opep à réduire avec les Etats membres de l'Opep la production de pétrole afin d'augmenter de manière importante les prix du pétrole. Mais selon un spécialiste pétrolier, il faudra, sans doute, 6 à 12 mois de négociations pour parvenir à ce résultat.Quant à l'exposition sur les produits et services pétroliers de Napec, elle a affiché la domination des sociétés étrangères sur le marché. Les compagnies étrangères étaient en force en termes de nombre laissant à l'arrière-plan les filiales de Sonatrach et de Sonelgaz. Le peu de sociétés privées locales présentes ont démontré que pour peu qu'elles soient encouragées, elles pourraient avoir une place au soleil dans l'activité services pétroliers.Cette exposition a, encore une fois, démontré la forte dépendance de l'Algérie à l'égard des importations de services et équipements pétroliers. On peut se demander pourquoi après plus d'une décennie de discours officiels en faveur de l'intégration de l'industrie pétrolière nationale, on continue à importer des pompes et des valves alors qu'existe en Algérie un complexe spécialisé dans la fabrication de ces produits ; à commander des travaux d'ingénierie à l'étranger pour des projets de réalisation de nouvelles raffineries après plus de 30 ans d'expérience dans le domaine. Un scandale !K. R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Remouche Khaled
Source : www.liberte-algerie.com