Alger - Revue de Presse

L'inquiétude ne justifie pas la désertion



La recrudescence, ces dernierstemps, d'actions terroristes dans notre pays et les récentes menaces d'Al-Qaïdacontre les étrangers, notamment français et espagnols, résidants ou se rendant dansle Maghreb, suscite une légitime inquiétude chez les partenaires internationauxde l'Algérie déjà implantés chez nous ou désireux de le faire.Le climat n'est certes pas audésengagement dans ces milieux, mais la précipitation de certaines entreprisesétrangères à décider l'expatriation des familles de leurs personnels activantdans le pays, et d'autres à annuler des déplacements professionnels ou àdifférer des rendez-vous d'affaires avec leurs partenaires locaux, pourraitmalheureusement avoir un effet «boule de neige». Cela d'autant que lesréactions de ce genre sont le fait de partenaires et d'opérateurs français queleurs homologues européens considèrent à tort comme bien informés de la réalitéalgérienne.C'est entre autre pour mettre engarde les autorités françaises contre tout réflexe alarmiste auquel selaisseraient aller leurs hommes d'affaires en ce moment difficile pourl'Algérie, que notre ministre de l'Intérieur s'est rendu à Paris la semaineécoulée. Reste à savoir si le responsable algérien a convaincu sesinterlocuteurs français que l'obligation de précaution qu'elles ont renouveléeà leurs ressortissants concernant leurs séjour et présence dans notre pays doits'accompagner de l'incitation à ne pas déserter le terrain sous prétexte de lamenace terroriste. Il est normal que les responsables algériens soientattentifs aux décisions que prendront les partenaires étrangers du pays danscette situation et qu'ils réagissent à l'avenir dans leurs rapports avec eux enfonction d'elles. Les Algériens n'ont pas en effet oublié ce que leur a valu etcoûté l'indifférence internationale durant leur décennie de braise. Ils ne sontpas dupes également de l'intérêt que les chancelleries occidentales et leursmilieux d'affaires manifestent pour notre pays depuis que la vague terroriste ya été brisée et que, surenchérissement des prix des hydrocarbures aidant, ildispose d'une tentante manne financière. L'Algérie n'est plus, fortheureusement, dans la situation que de constater et déplorer les «solidarités»verbales de ses partenaires étrangers. C'est avec raison donc que l'Etatalgérien soutient que la lutte contre le terrorisme international induit entreceux qui y sont associés une coopération et un partenariat ne se réduisant pasau seul volet sécuritaire.Il n'est pas besoin d'être experten stratégies du terrorisme pour comprendre qu'Al-Qaïda et ses affidés algériensveulent porter atteinte au développement économique et social de l'Algérie. Latactique la plus efficace pour parvenir à leurs fins consiste à provoquerl'isolement international du pays qu'ils comptent réaliser en provoquant, parmenaces et actions terroristes, un désengagement massif de ses partenairesétrangers.Il n'y a aucun doute quel'attitude qu'adoptera la France à l'égard de notre pays dans ce contextepèsera sur celles d'autres Etats européens pour la raison déjà invoquée quecertains d'entre eux calquent souvent sans discernement la leur sur la sienne.Depuis l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, Paris cultive le grand projetd'une union méditerranéenne, dont l'un des enjeux est la sécurisation de cetterégion du monde.Il sera donc tout à fait légitimeet logique que l'Algérie se positionne sur ce projet en fonction de la façondont la France manifestera «sa proximité et sa solidarité» avec elle dans lasituation particulière actuelle qu'elle traverse.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)